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Pénélope Leprévost : la française qui monte, qui monte…

Impossible d’échapper à son nom lorsque l’on est passionné(e) de concours de saut d’obstacles (CSO) et, à plus forte raison, des concours internationaux. C’est que, depuis 2007, date de son deuxième titre de championne de France, elle tient le haut de l’affiche. Et c’est peu dire puisqu’elle est rentrée des Jeux équestres mondiaux de Lexington avec une médaille d’argent par équipe.



Pénélope Leprévost : la française qui monte, qui monte…
Pourtant, cette jeune femme-là n’est pas issue du sérail : pas de parents cavaliers, pas de débuts fracassants à l’âge où d’autres sont déjà à poney. Non, une vie scolaire normale. Peut-être l’atavisme normand toutefois ? Car elle est née à Rouen, en 1980. « Je suis un peu paradoxale : je suis assez timide dans la vie. Gamine, j’étais tellement collée aux jupes de ma mère que celle-ci craignait que je me fasse bouffer par la vie parce que je n’étais pas du tout autonome. Et il paraît que je me suis transfigurée quand je suis montée pour la première fois sur un poney, vers 3-4 ans. J’ai retrouvé des vidéos de moi, à 6 ans, sur mon poney. J’ai ôté les étriers pour donner de plus gros coups de talons pour aller plus vite ! Et la monitrice qui me court après ! Mes parents pensent que c’est grâce aux chevaux que j’ai réussi à développer ma personnalité réelle. »
Pourtant, pendant longtemps, il n’est pas question pour elle d’être cavalière professionnelle. « Mes parents m’ont évidemment toujours incitée à aller au bout de mes études. J’ai passé mon bac S, me suis inscrite dans une école d’architecture et, avant la rentrée, ma mère me parle et me propose d’essayer de faire quelque chose dans les chevaux ! Je ne m’attendais pas à ce revirement d’autant que, conditionnée par mon éducation, je n’y avais absolument jamais pensé ! On a décidé de tenter la chose pendant un an. » Et puis il ya ce mariage avec Guillaume Blin-Lebreton, cavalier professionnel, qui joue un rôle essentiel « Je l’ai rencontré à 18 ans. Je venais de Rouen, il venait de la Manche. Au début, on s’est installé dans le coin, dans le Calvados, mais lui travaillait pour quelqu’un. On a acheté une propriété, fait des travaux petit à petit. C’était très dur au début parce que, comme on n’avait pas assez de boxes, on en louait à côté. Les journées étaient un peu folles. » Sans compter la naissance d’Eden, sa fille, alors que traditionnellement les cavalières choisissent une maternité plus tardive.

Pénélope Leprévost : la française qui monte, qui monte…
Des débuts classiques en club puis de jolis résultats en 1987 et 1988, le titre de championne de France en hunter en 2002, et deux titres de championne de France en CSO en 2006 et 2007. Et la voilà à la fois maman et cavalière de haut niveau dans le même temps où les Grands prix internationaux commencent à s’enchaîner : Bordeaux, Gijon, Comporta, Hickstead, Aix-la-Chapelle, Rome, Saint Gall et, récemment, Lexington (Etats-Unis), Paris (Gucci Masters, Genève. Et si ce mois de septembre 2010 lui fait découvrir, éblouie, des jeux mondiaux, ils lui font aussi rater la rentrée scolaire de sa fille… « Ça fait partie de mes contraintes aujourd’hui, mais ce n’est pas toujours facile. Elle est petite encore, et je m’absente souvent. Heureusement mes parents m’aident beaucoup. »
Mais quelle différence entre sa situation et celle des cavaliers hommes, souvent eux-mêmes parents ? « C’est vrai, à priori il n’y en a pas. Mais tout de même, traditionnellement c’est leur femme qui assume l’éducation, qui est présente. Moi je suis à la fois la femme, la mère et la cavalière. Et il ya des moments où je dois faire des choix qui ne sont pas faciles. Eden venait avec moi quand elle était plus petite. Maintenant elle est scolarisée et doit vivre une vie régulière. C’est à la télé qu’elle a suivi les Jeux équestres mondiaux. » Sans compter sa séparation d’avec Guillaume Blin-Lebreton et son nouveau compagnon, qui n’est autre que Kevin Staut, cavalier français actuellement numéro 1 au classement mondial Rolex et qui vit, lui, en Belgique.
Une vie de jeune femme moderne, qui ne doit pas faire oublier son travail de longue haleine avec les chevaux. Et pas n’importe lesquels ! Karatina, Ichem de Servol, Fastourel du Cap, King Solier, Jubilée d’Ouilly, Topinambour, Miss Valette, Mylord Carthago HN. Chez elle (où), c’est Marion, la cavalière maison, qui prépare le beau Mylord (10 ans), multi-médaillé d’une grande régularité. Un programme de travail qu’elles réfléchissent ensemble : sorties deux fois par jour, en extérieur si possible, travail des obstacles pour qu’il soit prêt toute l’année. « Je fais confiance à mon équipe. Et ça marche ! Et puis, pour le travail spécifique du mental (le sien, NDLR), je fais appel à Michel Robert. Il m’aide à être juste, à ne pas forcer. »

Pénélope Leprévost : la française qui monte, qui monte…
Tout de même, depuis 2007, ça n’arrête pas ! D’autant qu’à partir de 2008, elle LA cavalière de l’équipe de France. « J’aime les défis. La compétition aussi. La pression, je m’en sers pour progresser. Par exemple, partir première lors d’un concours (donc avant d’avoir pu observer les autres cavaliers) ne me dérange pas. Je suis dans ma bulle, concentrée. Je sais que d’un bout à l’autre du parcours, il faudra être à 150 %. Et j’aime ça ! » Et c’est vrai qu’elle est étonnante à observer en concours : calme, concentrée au paddock pour la détente, sans agitation, elle semble pénétrer sur la piste comme on respire, naturellement. « De toute façon, j’aime la compétition ! » Et le public ne s’y trompe pas, qui hurle lorsqu’elle arrive. Et prend ensuite une leçon de régularité car si Pénélope ne monte pas toujours sur le podium, elle figure en revanche assez obstinément au barrage où elle ne donne pas son pain à manger aux autres !
Du travail, de l’obstination, le goût de la compétition et le plaisir de ce qu’elle fait. Et l’étonnement aussi ! Lorsqu’elle évoque sa place dans l’équipe de France aux JEM, il ya de l’émotion : « Oui, c’était très fort. Etre sélectionnée d’abord, partir là-bas, vivre au milieu des meilleurs cavaliers internationaux, quelle que soit leur discipline. Et puis, l’équipe de France qui se qualifie pour la finale, la médaille d’argent, le podium… Tout ça pour mes premiers jeux mondiaux ! » Dans sa voix, l’émotion est là, comme celle d’une petite fille qui n’en finit pas de s’étonner. Et puis ce sourire qui fait craquer son public, si lumineux, si ouvert.
Car, comme si sa carrière actuelle ne suffisait pas, Pénélope est aussi une très jolie femme, dotée d’une silhouette de mannequin, aussi élégante à pied qu’à cheval. Et en cavalière avisée, elle vient de lancer sa ligne de vêtements (qu’on a pu découvrir au Salon du cheval). Façon non pas de montrer qu’elle est capable de se diversifier (on le savait déjà) mais qu’elle est aussi lucide sur les aléas d’une vie liée au cheval. « Il y a les doutes, les blessures, les années qui vont bien, celles qui vont moins bien. Tous les cavaliers vivent ça. Une vie équestre c’est tout sauf une ligne droite ! J’en suis bien consciente. »
Une jeune femme bien de son temps !



Dominique-Laurence Repessé





1.Posté par Solen BÉRENGER le 18/03/2012 23:38
Très bel article!
Sa ligne de vêtement et d'équipement haut de gamme est vraiment à découvrir!
www.penelope-store.com ou sur la page FB de la marque!

2.Posté par xavier francheo meline le 03/11/2015 07:50 (depuis mobile)
penelope tu est ma cavliere professionnel prefere

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