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La santé-sécurité au travail : un pari sur le présent et sur l’avenir !

Le milieu hippique a la réputation d’être un secteur professionnel dangereux et difficile. Les entreprises du secteur semblent avoir de plus en plus de mal à recruter et à fidéliser leur personnel. Dans un contexte socio-économique pas toujours facile, pourquoi faire le pari de la santé-sécurité au travail ? Rencontre avec Marc MOUTON et Nausicaa L’HOTELLIER, respectivement Médecin du Travail et Ingénieur Conseil en Prévention des Risques Professionnels à la MSA.



• On entend parler de plus en plus souvent de « santé-sécurité au travail » mais qu’est ce que cela définit et en quoi cela consiste-t-il précisément ?

MM : La santé-sécurité au travail est un terme qui regroupe tout ce qui touche à la prévention des risques professionnels et à la santé au travail. Elle a pour objectifs l’amélioration des conditions de travail et la prévention des accidents et maladies et consiste à mettre en place les outils et / ou les méthodologies de travail adaptés pour répondre à ces objectifs.


• Pourquoi mettre en place une démarche « santé-sécurité au travail » dans son entreprise ?

NL : Travailler dans la filière hippique reste un métier dur et physique : horaires contraignants, port de charges, sollicitations fortes de l’appareil locomoteur, utilisation de produits pouvant être toxiques, rapport à l’animal parfois difficile sont quelques exemples des facteurs de pénibilité que l’on peut rencontrer dans la filière. Mettre en place une démarche de santé-sécurité au travail au sein de l’entreprise permet de supprimer ou, pour le moins, de diminuer ces facteurs de pénibilité et ainsi de faciliter le travail. Dans une entreprise, cette démarche peut limiter le turn-over des salariés, d’autant plus s’ils sont impliqués directement dans la mise en place des actions. La prévention, c’est l’affaire de tous !


• Depuis 2001, toutes les entreprises sont tenues de réaliser leur évaluation des risques professionnels mais en quoi cela consiste-t-elle ?

NL : L’évaluation des risques professionnels consiste à réaliser un document mettant en avant les risques spécifiques présents dans l’entreprise pour chaque activité exercée, et, à partir de ce recensement, de mettre en place les moyens de prévention adaptés pour prévenir ces risques. Elle permet de réaliser un état de santé régulier de l’entreprise puisque une mise à jour du document doit être fait annuellement, lors d’aménagement modifiant les conditions de travail ou lors de la survenue d’un accident. Elle peut également être un des outils de gestion du personnel de l’entreprise.
La mise en place de cette évaluation des risques et son suivi doivent être faits par l’employeur mais nécessitent la participation active des salariés. En effet, ce sont eux les mieux placés pour dire à quels risques ils sont soumis et surtout quels sont les moyens qu’ils mettent en œuvre ou qu’il faudrait mettre en place pour prévenir les dits risques.


• Au-delà des chutes ou des mauvais coups auxquels on pense spontanément, existe-t-il d’autres risques ?

MM : Les risques liés au cheval et à son environnement sont relativement nombreux. On a notamment, parmi les plus courants, tout ce qui est risques de contamination de l’animal vers l’homme (ou zoonose), les risques allergiques, ceux liés à l’utilisation de produits (désinfectant, désherbants, vétérinaires, ...) ou encore ceux liés à l’utilisation de matériels ou de machines ( coupures, vibrations, écrasements, brûlures, ...).


• Lors de l’utilisation de produits, faut-il prendre des précautions particulières ?

MM : Oui, d’autant que certains de ces produits peuvent avoir des répercussions importantes telles que des brûlures cutanées pour les produits corrosifs, des problèmes respiratoires, des conséquences sur la reproduction par exemples. Il convient donc de bien connaître les produits que l’on utilise et leurs conséquences afin de se protéger au mieux. Le 1er moyen de se protéger contre ces produits est de prendre un peu de temps pour lire les étiquettes et les conseils de prévention apposés sur les flacons. Ainsi, un produit toxique par inhalation ne sera pas à utiliser en pulvérisations par exemple. Dans tous les cas, il faudra essayer d’éviter tout contact direct avec les différents produits utilisés.


• Mettre en place des moyens de prévention, ce n’est pas toujours évident et n’est-ce pas parfois onéreux ?

NL : Les moyens de prévention les plus adaptés ne sont pas forcément les plus onéreux, ni les plus difficiles à mettre en place. La prévention c’est souvent une question de logique et de réflexion. Par exemple, la distribution de foin peut déclencher des allergies du fait de la poussière qu’elle dégage. Mouiller le foin limite l’émanation de ces poussières et donc l’exposition au risque. Bien connaître les risques et s’informer, c’est déjà se prévenir !

• Dans le cadre du travail, les salariés sont soumis à une visite médicale régulière. En quoi cette visite est-elle importante ?

MM : Cette visite permet d’avoir un suivi régulier de l’état de santé des salariés, mais aussi de recueillir des informations à la fois individuelles et collectives sur l’entreprise et ce qui s’y passe. Elle sert également d’espace de discussions pour le salarié afin qu’il puisse poser des questions ou demander conseils. Les échanges qui ont lieu au cours de ces visites vont permettre de construire ensemble des solutions de prévention mieux adaptées.


Nausicaa l’Hotellier




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