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Valérie Salles le mors aux dents

Il faut être drôlement gonflée pour dire (et l’écrire) qu’un accident à l’entraînement qui l’a laissée paraplégique est une chance ! Mais c’est bien Valérie Salles, tout juste 39 ans, de prendre les événements à rebrousse-poils. Et de nous étonner chaque jour davantage. Qu’on en juge.



Valérie Salles le mors aux dents
15 octobre 1996, Valérie chute à l’entraînement (elle dira « Je suis bien tombée ! »). Un verdict médical tout simple, rapide : D3, D4. Ce qui veut dire qu’une jeune femme jockey particulièrement prometteuse (300 courses, 27 victoires) va regarder les autres courir depuis un fauteuil. Et que ça ne changera pas. Mais cette compétitrice dans l’âme (au fort caractère) va très vite tanner son entourage, parents, amis, médecins. Elle a besoin des chevaux, elle veut troquer « son fauteuil contre une selle ». Dans son livre La chance de ma vie, elle raconte à quel point elle a pu hurler son envie, jusqu’à convaincre les plus incrédules. La voilà en monte… à cru six mois après l’accident, pour trouver des sensations qui compensent celles qu’elle n’a plus. Et puis, elle qui montait si haut (la monte jockey) doit se familiariser avec le dressage. Et les nouveaux gadins (il y en a eu !) ne la feront pas changer d’avis : elle va refaire de la compétition. Et au plus haut niveau. En 1999, elle fait ses premiers championnats de France avec Volga d’Escage puis rencontre Arestote, un cheval dont l’une des caractéristiques est d’être borgne ! 2001, elle intègre l’équipe de France de para-dressage, enchaîne les titres de championne de France et le couple Valérie-Arestote, après quatre titres de champions de France, est sélectionné pour les JO paralympiquesd’Athènes. Elle est deuxième après la première épreuve et puis Arestote meurt, foudroyé par une rupture d’anévrisme pendant l’épreuve suivante. Sans la coincer sous lui, ce qui est un miracle. Ce sera un cavalier brésilien qui lui prêtera sa monture pour qu’elle fasse la reprise libre en musique. Loubegum, Menzana d’Hulm seront ensuite ses partenaires à quatre pattes tandis qu’elle est entourée par des amis, des propriétaires, équithérapeuthes, kinés, plus tard l’association Handi Equi Compet, la Fédération française handisport (FFH). Qu’elle participe aux compétitions internationales, qu’elle aligne les titres de championne de France avec une régularité d’horloge et qu’elle est à nouveau sélectionnée par les Jeux paralympiques de Londres en 2012. Une prestation moyenne de l’équipe de France, des notes honorables en individuel. Les messages qu’elle a envoyés témoignaient de sa joie, de son enthousiasme, de ses contrariétés aussi (un compétiteur veut toujours mieux !). Elle soutient aussi ses coéquipiers (Vladimir Vinchon, Nathalie Bizet et José Letartre) et revient avec des étoiles dans les yeux (elle aime aussi rencontrer les formidables cavaliers para anglais, allemands, autrichiens, danois) mais un doute au cœur. En France, elle a sa première place, en international ses classements ne la satisfont plus. Alors à son retour, elle prend une décision que beaucoup ne comprennent pas : arrêter le partenariat avec Menzana pour trouver un cheval de Grand Prix et courir le « risque » de meilleurs classements. Un déchirement mais aussi une décision mûrement réfléchie. Jockey valide, elle voulait gagner. Cavalière en situation de handicap, elle veut gagner. Logique. Donc elle prend le pari de rester sans cheval jusqu’à trouver le bon, ce qui signifie cette année que les championnats de France ont commencé sans elle, pour la première fois depuis quatorze ans. Une sacrée décision qui l’a conduite à créer son site officiel1 et une page Facebook2 « Un cheval pour Valérie Salles ». Car un cheval de Grand Prix, ça a un coût qu’elle ne peut assumer seule.
En 1999, dans son livre, elle écrivait : « Croyez-moi sur parole, depuis un fauteuil les efforts sont plus que nécessaires pour réussir. D’abord pour trouver la volonté de sortir du fauteuil, de ne pas s’y laisser enfermer dans le désespoir, mais surtout pour trouver la volonté de faire quelque chose témoignant qu’une personne handicapée n’est pas morte à la vie, que dans un fauteuil il n’y a pas des « légumes » mais bien des être vivants qui ont des rêves, des espoirs, des objectifs et une incommensurable envie de vivre. » En 2013, c’est toujours aussi vrai !

1 http://www.valerie-salles.fr/
2 https://www.facebook.com/groups/434618849964647/



Dominique-Laurence Repessé





1.Posté par Gaga05 le 17/05/2013 23:19
Bravo je t adore une de tes plus grande fan

2.Posté par Momo le 29/07/2013 18:03
Très belle histoire et touchante à la fois, comme quoi une passion reste encré en nous même après un accident dût à cette dernière.
Bravo à toi et bon courage en espérant que tu gagne d'autres concours!! ;)

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