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Renée-Laure Koch

L'amour de la compétition



Eleveur, entraineur, cavalière, jockey, Renée-Laure Koch, aux multiples titres de gloire et victoires, part toujours gagnante.

Renée-Laure Koch
Le dimanche 5 octobre, la plus grande épreuve au monde réservée aux Pur-Sang Arabes, la Qatar Arabian World Cup, dotée de 450.000 euros, sera associée à la plus grande épreuve au monde pour Pur-Sang, le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe.
Et à la plus grande épreuve au monde pour Pur-Sang, le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe.
Parmi les principaux protagonistes, incluant 7 gagnants de Groupe 1 PA, on relève : No Risk Al Maury, (propriétaire Cheikh Hamdan bin Rashid Al Maktoum) élevé par Renée-Laure Koch. Rencontre avec une femme d’exception.

Comment êtes-vous devenue éleveur ?
C’est une histoire de famille, j’ai repris l’élevage de ma mère qui, originaire d’Alsace, s’est installée ici après la guerre. Au départ, ma sœur et mes deux frères montaient à cheval. Puis, petit à petit, ils ont arrêté et je suis restée la seule à vouloir en faire mon métier. Toute jeune, je le savais déjà mais mon père m’a obligée à poursuivre mes études. Aujourd’hui, je le remercie car grâce à lui, j’ai fait un DEUG de sciences qui m’a donné des bases très utiles tant dans la gestion d’entreprise qu’au niveau vétérinaire.

Vous avez donc repris le flambeau diplôme en poche !
Oui, dans les années 80. Lorsqu’elle avait débuté ma mère avait commencé par du Pur-sang anglais mais la qualité des sols de la région ne leur convenant pas, elle s’était rapidement orientée vers les Anglos. Elle a été trois fois championne de France en CSO avec Dalbade du Maury, Aurore du Maury et Bijoux du Maury. En parallèle, elle avait commencé un élevage de pur-sang arabes de show. Là encore elle a obtenu de bons résultats et a gagné quatre ou cinq fois le championnat de France modèles et allures.

A la tête d’un élevage de qualité et titulaire d’un joli palmarès, vous décidez de changer d’orientation, pourquoi ?
J’avais besoin d’adrénaline. Ce qui m’intéressait c’était la performance et …monter ! Je me suis donc orientée vers la course. A ce moment là, les Arabes de course étaient très différents au niveau du modèle mais étaient beaucoup plus athlétiques que les arabes de show. Mon premier produit fut : Nénuphar Al Maury propre frère de la mère de No Risk Al Maury, Nectarine Al Maury. A ce propos, notez que j’ai changé de suffixe pour les arabes que j’élevais pour la course : le « du Maury » est devenu « al Maury ».

Avez-vous connu la même réussite que votre mère ?
Oui Nénuphar Al Maury a gagné en débutant à  Dax en 1988 et je l’ai vendu au Sultan Quaboos (Sultanat d’Oman). C’était ma première transaction avec les pays du golfe. Puis cela a continué avec notre participation en Angleterre à  Kempton Park en 92, où nous faisions avec Messieurs de Watrigan et Marchadier, figures de pionniers. Cette année-là les courses  étaient sponsorisées par les Pays du Golfe et donc télévisées et diffusées en direct. Trois de nos chevaux, Pavot Al Maury , Braize de Ghazal ( propriétaire Mr Cambon), et Athus de Domenjoi (propriétaire le Général Al Majid Sultanat d’Oman) ont remporté les plus belles courses , notre notoriété était faite ! Cheik Sultan Bin Khalifa Al Nahyan , Cheik Mohamed Al Thani, et le Cheik Mohammed Al Maktoum devinrent dès lors des acheteurs fidèles.
Quelle part accordez-vous au facteur chance sur cet évènement et sur l’ensemble de votre carrière d’éleveur ?
On ne peut pas rejeter en bloc le facteur chance parce qu’il a compté évidemment, mais pour ma part je ne lui attribue pas tout, même pour cet évènement. Si nous n’avions pas pris la décision, très innovante alors, d’aller en Angleterre et de préparer les chevaux en conséquence, tout ceci n’aurait pas eu lieu. Par ailleurs, en ce qui me concerne j’ai une devise, une politique : 1°) élever du bon (avoir toujours de bonnes souches), 2°) satisfaire le client (un client satisfait en draine deux ou trois supplémentaires).

C’est ainsi que vous avez gagné le respect et la confiance dans un milieu au demeurant essentiellement masculin ?
Absolument et je n’ai jamais eu aucun problème même lorsque je suis allée en 1992 entraîner les chevaux de courses au Qatar tout un hiver. J’ai toujours eu d’excellentes relations.

Renée-Laure Koch
On le sait bien la génétique ne fait pas tout, alors comment expliquez-vous, ou plutôt, quelle est votre « recette » pour avoir d’aussi bons chevaux tels : No Risk Al Maury bien sûr, mais aussi Nouba Al Maury (5 courses / 4 victoires), Nevada Al Maury (gagnante de la coupe d’Europe à Chantilly) et bien d’autres dont votre espoir N’Espionne Al Maury ?
L’élevage se conçoit toujours à long terme. Il faut anticiper les modes pour être les premiers au niveau du marché. Quand on a une idée il faut aller au bout. Par exemple ne pas hésiter à changer de courant de sang si on pense que c’est le moment. On met le produit de côté, on n’en parle pas, on attend et si on a vu juste, quand le marché évolue non seulement on est prêt mais on est devant.

Vous élevez aussi des chevaux pour l’endurance ?
Oui, j’oriente dans cette discipline les tardifs ou ceux qui ne sont pas assez rapides pour la course.

Etes-vous remise du grave accident que vous avez eu en course d’endurance en 2006 ?
Aujourd’hui ça va. J’ai repris l’endurance et je recommence à entraîner pour la course mais j’ai réduit de moitié mon élevage qui ne compte plus que 150 chevaux dont 20 poulinières. Mais je souhaite le réduire encore pour être plus disponible, revenir au contact des chevaux.

Comment se déroule pour vous une journée type ?
Debout 5h30. De 6h à 13h entraînement sur la piste. (On sort soit 4 lots pendant 1 heure ou un seul lot pendant 4 heures.). Puis une demi-heure pour casser la croûte et débute la gestion jusqu’à 17h les soins et re-gestion. Le tout jusqu’à 20h/21h tous les jours de l’année.

Comment tient-on un tel rythme ?
La passion. Dans les périodes où je ne suis pas fatiguée je dis que je suis toujours en vacances. Au niveau familial mon compagnon Jean Cambon comprend et me soutient. Il faut dire que sa carrière l’occupe également beaucoup.

Serez-vous à Longchamp le 5 octobre ?
(Elle rit) J’essaierai d’autant que Nacrée Al Maury, propre sœur de No Risk Al Maury qui est chez Sandrine Tarrou, devrait également y participer. Sinon je le suivrai sur Equidia. Vous savez quand on les prépare, on rêve de la victoire et, à peine le poteau franchi, on pense à la suivante.


Martine Della Rocca




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