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ROSINE LAGIER : le partage d’une passion

Son intérêt pour les chevaux, depuis sa plus tendre enfance, s’est transformé en une histoire de passion. C’est cette profonde affection, que Rosine aurait pu garder pour elle, qu’elle a acceptée de nous faire partager.



ROSINE LAGIER : le partage d’une passion
Rosine, pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Je vais essayer… Je suis cavalière et bien modeste propriétaire de chevaux, passionnée par la monte amazone et par le dressage. J’ai eu l’honneur d’être élue présidente de la Société hippique d’Épinal (88), un centre équestre qui était apprécié pour l’organisation de ses concours hippiques – entre autres – avec des participants tels que Éric Navet, Gilles Bertrand de Balanda, Roger-Yves Bost, Hubert Bourdy, Michel Robert (certains étant venus disputer la Coupe Coca-Cola avant leur départ pour les Jeux olympiques de Séoul). J’ai été aussi présidente de la Commission fédérale des Amazones à Paris pour laquelle j’ai succédé à Mme Cabaud, par ailleurs présidente fondatrice de l’Association des amazones de France. Puis, sensible à la détresse de nos vieux compagnons, je me suis intéressée à l’implantation dans les Vosges de Crins Blancs, une maison de retraite pour chevaux dans laquelle mon trentenaire Noble Mane coule des jours heureux. Une structure méritante que vous pouvez découvrir sur http://www.contact@crins-blancs.info

ROSINE LAGIER : le partage d’une passion
Votre passion, vous l’avez fait partager en tant qu’écrivain ?
Oui ! J’ai même reçu en 2003 le prix Centauriades qui récompense le meilleur « beau livre » pour mon ouvrage Il y a un siècle, le cheval, paru aux Editions Ouest-France : cheval de trait, de halage, de corridas, de pompes funèbres, de courses, de polo, son image était associée à celle de l’homme dont il était le précieux outil et compagnon dans tous les travaux et toutes les étapes de la vie, l’homme pour lequel il donna son précieux sérum pour lutter contre le tétanos ou la diphtérie… L’homme qui inventa pourtant l’hippophagie et le cheval-vapeur !

Votre enthousiasme dans notre échange montre que toutes ces recherches ont dû être passionnantes. Vous n’avez pas dû en rester là ?
Vous avez raison : tout ce qui évolue autour du cheval est absolument passionnant ! Pour donner vie à des collections familiales, à ma passion, et comme je me suis trouvée par mes voyages à acheter des gravures, des objets qui remplissaient les murs de la maison, j’ai décidé de mettre en place une exposition itinérante où l’on pourrait découvrir uniquement l’histoire de la Femme et du Cheval, ces pionnières à travers les siècles et les pays étrangers. L’exposition – à voir en famille – est très complète avec plus de 600 gravures, lithographies, chromos, cartes postales, photos, peintures, publicités, journaux et ouvrages d’époque accompagnés de quelques objets. Elle retrace plus de 2 000 ans d’histoire de la Femme et du Cheval en France et dans le monde : des siècles de passion et de défis, de mode, d’humour et d’anecdotes.
En amazone ou à califourchon, l’équitation a été, pour les femmes, le premier signe d’affranchissement et d’égalité vis-à-vis des hommes, un moyen d’émancipation et d’évolution ! Pendant longtemps, les seuls exercices du corps inscrit au programme de l’éducation féminine étaient l’équitation et la danse qui faisaient partie intégrante de la vie mondaine… Dans les campagnes, le cheval était l’outil et le compagnon de labeur partageant joies et peines quotidiennes des femmes rurales.
Il ne faut pas oublier qu’il fut aussi symbole de la force, partageant un rôle guerrier avec les Walkyries, les Amazones de la mythologie mais aussi avec des cavalières émérites dont la plus célèbre est Jeanne d’Arc. Sans oublier, parmi tant d’autres, Philis de la tour du Pin de la Charce, Théroigne de Méricourt, les cantinières ou encore Mme Koudacheff, la célèbre femme-cosaque en 1914…
Les impératrices, reines, princesses, pour qui l’équitation faisait partie de leur éducation dès leur plus jeune âge, en amazone et en uniforme de colonel, défilaient à la tête de leurs régiments, n’hésitant pas à les accompagner sur le terrain des grandes manœuvres ou des champs de bataille. Et puis n’oublions pas les chasses à courre où elles ne furent pas les moins intrépides. On les retrouve à l’attelage, avec les femmes qui s’imposèrent en tant que cochères.
Au XIXe siècle, les amazones rivalisaient d’élégance, pratiquant l’art de la haute école. Le cirque, le dressage les attiraient.

ROSINE LAGIER : le partage d’une passion
Ont-elles rencontré des obstacles dans cette progression ?
En effet, à la fin du XIXe siècle, faisant fi des quolibets, on vit la monte en amazone et la monte en selle d’homme entrer en compétition : la presse se déchaîna, suivie par les humoristes, mais aussi les féministes ! Vous voyez cela n’a pas été simple. Elles attendront le XXe siècle pour avoir l’accès officiel aux concours, au polo, aux corridas et aux courses…


Est-ce que cette exposition a déjà été présentée ?

Oui, au mois d’avril 2008, de nombreux visiteurs ont pu la voir au Musée Petiet de Limoux, dans l’Aude, en partenariat avec le grand Rassemblement international des amazones de Carcassonne. Un grand succès !

ROSINE LAGIER : le partage d’une passion
Avez-vous d’autres expositions en prévision ?
Pour l’instant je suis en pourparlers, les dates ne sont pas arrêtées ! Mais je vous invite d’ores et déjà à la parcourir sur le site http://www.rosinelagier.com en attendant la parution très prochaine de mon livre La Femme et le Cheval, des siècles d’histoire !

Laissons Rosine voyager à travers le temps afin de mettre sous les projecteurs notre histoire et souhaitons avoir bientôt le plaisir de découvrir dans nos régions cette magnifique et instructive exposition (dont nous vous teindrons informés sur notre site).


Martine Della Rocca




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