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NELLY DE LA GUILLONNIERE

FEMME D’ACTION

Si l’on devait décrire Nelly de la Guillonniere, on dirait : brune aux yeux bleus, 1,60 m d’énergie, d’opiniâtreté, d’enthousiasme et d’optimisme. Et lorsque vous demandez à ses amies quelle est la qualité qui définit le mieux Nelly, ils vous répondent très vite la fidélité en amitié, elle peut tout lâcher pour être là en cas de besoin.
Eleveur de demi-sang connue et reconnue , vice-présidente de la Société de courses d’Angers, cette femme qui ne mâche pas ses mots a accepté de répondre à nos questions.



NELLY DE LA GUILLONNIERE
Nelly, où avez-vous passé votre enfance ?
Dans le Maine-et-Loire. J’y suis née et nous habitons, avec Pierre mon mari et mes trois garçons, Camille 24 ans et les jumeaux Côme et Jean 13 ans, à La Rousselière, la propriété de mes grands-parents à Soulaire-le-Bourg, près de Angers

Votre famille est-elle issue du monde des courses ?
Non, mon père, Philippe Roy était un commercial passionné par les courses .Passion transmise par mon grand-père qui était d’avantage intéressé par le concours hippique . Mon père, s’est investi dans les courses en tant que gentleman rider et permis d’entraîner (trois fois tête liste des gentlemen). Du côté de maman , ils étaient pisciculteurs dans le Berry et passionnés de chasse à courre. J’avais donc de qui tenir !

A quel âge avez-vous commencé à monter à cheval ?
Très petite ! Je ne me souviens pas de l’âge. La première ponette de la famille, s’appelait Finette. Qu’est ce qu’elle nous a pu nous faire tomber , mon frère et moi ! Et elle choisissait toujours les orties. Mais cela ne nous décourageait pas. Chaque jeudi et dimanche nous étions sur le dos de nos poneys. Les pauvres bêtes, elles ont souffert avec nous (à ces mots Nelly éclate de rire).
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Comment avez-vous débuté dans l’élevage de demi-sang?
Quand je me suis mariée en 1981 Pierre souhaitait être agriculteur, mais pas de manière traditionnelle . Il souhaitait s’investir dans sa passion : le cheval, ce qui n’était pas aisé. Alors nous nous sommes lancés dans la culture du gazon de plaquage. Il nous a fallu attendre dix ans pour concrétiser notre passion grâce à l’achat de notre premier étalon : UN NUMIDE.
Actuellement nous avons quinze poulinières, représentant trois générations, et un total de 70 à 80 chevaux sur le domaine.

Est ce que lorsque vous étiez jeune , pensiez vous faire ce métier ?
Je n’avais pas vraiment d’idées. J’ai fait des études de secrétariat et de comptabilité, ce qui me rend bien service aujourd’hui car ce poste est essentiel pour l’entreprise. En effet, j’y passe 4 heures par jour.

A vos débuts très peu de femmes étaient en activité dans les écuries. Quels ont été vos rapports avec les collègues masculins ?
Mon père m’avait envoyé passer trois étés chez Emmanuel Chevalier du Fau afin de me perfectionner. Nous sortions tous ensemble les lots à l’entraînement , tôt le matin, c’était magnifique. Vous savez, en réfléchissant bien, je ne me souviens pas avoir eu de problème.

Pouvez vous nous d’écrire ce que l’on ressent lors de la première victoire de son élevage ?
Pour moi, la première victoire c’était avec SIRTA, sur l’hippodrome d’Auteuil .Je me souviens avoir ressenti une forte émotion et un plaisir immense. La joie et la fierté m’ont envahi. Je suis passée du rêve à la réalité. Lorsque votre élève passe le poteau en vainqueur, vous comprenez à ce moment là, le pourquoi de ce travail !. soucis et mauvais moments s’envolent comme par magie, et vous êtes repartie pour de nouvelles aventures !



Une journée pour vous, cela se passe comment ?
Vous savez, rien d’exceptionnel. Je suis comme toutes les femmes qui sont dans ce job : 7 h 30 à 10 heures écurie, 10 h 30 à 12 heures bureau. L’après midi, de 14 à 16 heures bureau, de 16 à 18 heures écurie, et en saison de poulinage une nuit sur deux à veiller (du 15 mars au 15 juin environ). Sans oublier les enfants, Jean et Côme, qui partent à l’école à 7 h 20. Vous voyez, pas le temps de s’ennuyer.

Parlez nous de votre autre activité, la Société des courses hippiques d’Angers…
Pierre nous rejoint (il prend la parole et avec son humour habituel) Vous savez parfois je me demande si Nelly ne travaille pas plus pour l’hippodrome que pour notre élevage (éclat de rire du couple) .
L’hippodrome d’Eventard (ce qui veut dire au vent), est un des plus anciens de France. Son histoire remonte à 1835 avec le Dépôt royal d’étalons d’Angers qui fait la demande d’un hippodrome. En 1836 les premières courses se déroulent dans la plaine (vous pouvez retrouver son histoire sur le site : www.hippodrome-angers.fr).
Aujourd’hui c’est un hippodrome moderne et magnifique grâce aux derniers travaux. Avec ses trois disciplines, plat, obstacle, trot (pour 19 réunions et 7 réunions PMU), son restaurant panoramique, il est classé dans la catégorie Pôle régional (première catégorie).
Depuis 2003 ,la Société des courses d’Angers est présidé par Gauthier de La Selle avec qui j’ai de très bonnes relations. D’une part , je suis vice-présidente et d’autre part je m’occupe de l’accueil et des relations publiques avec mon amie Christine Leenders, membre de la société. Nous avons réussi à obtenir les budgets pour un espace bébé, une aire de jeux et un salon des propriétaires. Il y a même des porte-manteaux dans les toilettes (elle éclate de rire…), chose assez rare sur bon nombre d’hippodromes. Pour arriver à obtenir ces améliorations, cela pris du temps et de la persévérance. Dans un comité on décide en cinq minutes l’achat d’un tracteur neuf et il faut une demi-heure pour voter les 200 € pour l’achat de jeux pour enfants...

Depuis quand êtes-vous membre de la société et pourquoi vous êtes-vous impliquée ?
Je suis membre depuis quinze ans et commissaire depuis quatorze ans . Mon implication est due au fait qu’en tant que propriétaire je me trouvais côté public et j’ai pu ainsi comprendre le manque de connaissance de notre monde et l’image « fermé » que le public en avait. J’ai eu envie de m’ impliquer d’avantage car il me semblait évident que nous étions les mieux placés pour parler de notre métier. Bien sûr c’est un travail de fourmi. Mais, cela apporte une grande satisfaction d’entendre des gens qui vous ont posés des questions , et qui en fin de réunion vous disent « on a passé une bonne journée , ça nous a permis de mieux comprendre votre métier ».

Comment peut-on concilier son métier d’éleveur, son engagement dans la Société des courses d’Angers et son rôle d’épouse et mère de famille ?
J’essaie d’aménager avec ma famille, du temps et des petits moments rares qui nous sont précieux . Mais cela dit, l’élevage , c’est un travail intense pendant trois mois ,7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Après il y a neuf mois plus calmes.

Un grand nombre de jeunes filles rentrent en tant que salariées dans les écuries de courses. Pensez-vous que les mentalités ont changé en 2009 ?
Lorsque j’ai débutée, les cavalières venaient systématiquement de l’amateurisme. et nous avions des courses désordonnées. Maintenant, ce sont des jeunes, sortant des différentes écoles de formation : comme l’A-F-A-S-E-C ( elles sont devenues beaucoup plus professionnelles ) .Et bien prendre en compte que garçons et filles ont des qualités complémentaires.

Votre plus grande joie dans votre carrière d’éleveur ?
Après la naissance de mes enfants… je vous dirais sans hésiter : « la seconde place de ILARE dans le Grand Steeple de Paris à Auteuil en 2002 et la quatrième place de SIRTA dans ce même prix en 1993. »

Votre plus triste souvenir ?
(Elle marque une pose) Comme pour beaucoup, la mort en course de votre cheval. Ce qui est très dur et cela nous est arrivé deux fois sur le même hippodrome (à ces mots les yeux bleus de Nelly se voilent de tristesse).

Nous parlons beaucoup de chevaux, mais avez vous d’autres passions ?

Oui, bien sûr, j’aime la mer, la voile, la pêche en bateau et plus encore la pêche à la palourde. Je suis une grande spécialiste de la cuisson des palourdes (elle éclate de rire devant mon air surpris par sa réponse ). Je ne pense à rien, j’oublie tout, je suis bien, des moments rares donc précieux.

Vos enfants vont-ils reprendre le flambeau ?
Pour le moment c’est mal parti. Les jumeaux ont aussi des passions : Côme est attiré par la médecine tandis que Jean c’est la restauration. Quant à notre fils aîné ,Camille c’est l’artiste de la famille. Il a toujours aimé la littérature. Après une école de théâtre (Claude Mathieu à Paris), il est monté sur scène dans des pièces comme Le Songe d’une nuit d’été et L’Orchestre. Il vient d’être engagé dans Les Misérables mis en scène par Jean Belorini avec uniquement deux comédiens. Lorsqu’il est un peu disponible il se consacre à la mise en scène. Je pense que cette orientation artistique doit venir de son enfance : en effet , petit il venait me voir jouer lors des fêtes de fin d’année de l’école (avec le sourire, comme toute mère elle ne peu s’empêcher de faire la promo du fiston). Si un producteur cherche un comédien jeune et talentueux, j’en connais un...

Pouvez-vous nous donner votre vision de l’avenir de votre secteur ?

Je suis un peu inquiète sur le devenir des courses suite à la fin du monopole du PMU. L’Europe devrait pouvoir permettre de retenir ce qui est bien dans un pays, nous avons un système en France performant et viable pour toute la filière.

Vous pouvez contacter Nelly et Pierre : harasdelarousseliere@wanadoo.fr
NELLY DE LA GUILLONNIERE


Martine Della Rocca




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