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Les Haras Nationaux

Lorsque l’ on parle des Haras Nationaux, il est à la fois question de missions de service public et concurrentielles mais aussi d’histoire, de culture, et de patrimoine. Petit tour d’horizon à l’heure du regroupement avec l’Ecole Nationale d’Equitation.



Trois siècles d’histoire

Les Haras Nationaux
C’est Colbert, sous Louis XIV, qui créera une des plus anciennes administrations françaises, les Haras Nationaux. Par arrêt du Conseil du Roi du 17 octobre 1665, les bases de cette institution sont posées. Les grands principes en sont la répartition sur le territoire d'étalons royaux confiés à des garde-étalons, l'approbation des étalons privés et les encouragements aux jumenteries. En 1715, la construction du Haras du Pin, premier haras royal, commence. En 1717, la structure administrative est précisée et renforcée. Au nom de la liberté individuelle, la Constituante allait purement et simplement la supprimer en 1790. En 1806 Napoléon, de retour d’Egypte où il a découvert les chevaux de sang arabe, refonde et réorganise l’institution des Haras, les place sous la tutelle du ministère de l'Intérieur et crée les écoles vétérinaires de Lyon et Maisons-Alfort. On notera également que nombre d’abbayes et de couvents étant devenus biens publics, ils serviront désormais de, comme c’est le cas de l’ancien couvent des Carmélites à Blois, l’abbaye de Cluny, l’abbaye de Montier en Der. De ce temps-là, date également le développement des courses et des compétitions sportives, que les Haras accompagnent en sélectionnant les races de chevaux et en encourageant l’élevage. Sous la IIIe République, Mac Mahon fait voter le 29 mai 1874 la loi organique des Haras, dite loi Bocher. De cette loi datent l'organisation du corps des officiers des Haras et l'organisation en circonscriptions. L'émergence des véhicules blindés entraînant le recul de la cavalerie militaire au cours de la Première guerre mondiale, les missions des Haras se recentrent sur l'agriculture et les sports équestres. Depuis les années 60, l’élevage est réorienté vers le loisir et la compétition. Les Haras nationaux gèrent les registres des races asines et chevalines présentes sur le sol français. En 1999, la création de l’établissement public administratif permet de réunir le Service des Haras et l’Institut du cheval. En 2003, la signature d’un contrat d’objectif sur une période de cinq années permet de mettre en place une organisation par métier, la prise en compte du client et le développement des outils du pilotage de la performance. Aujourd’hui, les Haras Nationaux sont des prestataires de service auprès des éleveurs, organisations socioprofessionnelles et collectivité territoriales. Politique de révisions des dépenses publiques oblige, les Haras Nationaux et l’Ecole Nationale d’Equitation formeront un nouvel établissement public après leur regroupement qui doit être mis en place en janvier 2010.

Les principales missions depuis 2003

Les Haras Nationaux
Trois grands axes avaient été tracés, permettant de recentrer les missions des Haras Nationaux autour du service public :
Rénover les modes d’intervention.
Assurer la réussite de l’identification généralisée et la traçabilité des équidés avec le Système d’Information Relatif aux Equidés (SIRE).
Adapter le service public de la monte et préserver la diversité génétique.
Conforter l’appui institutionnel à la politique conduite par l’État.
Mobiliser l’expertise technique et scientifique au service de l’État.
Favoriser la structuration et la cohésion du secteur cheval.
Diffuser le produit de la connaissance sociale, économique et technique du secteur.
Développer un service d’appui technique aux éleveurs et aux usagers, en mettant l’expertise au service des organisations professionnelles.
Appuyer pour le compte de l’État les associations de race en vue du développement de leur autonomie.
- Participer à des démarches innovantes de valorisation des chevaux à la demande des organisations socioprofessionnelles.
Faire connaître les produits et des savoir-faire français à l'international à la demande des organisations socioprofessionnelles.
Positionner l'établissement public comme un acteur du développement local.
Apporter aux régions l’expertise utile à la conception et la mise en œuvre des politiques publiques.
Affirmer la vocation d’outil de proximité des haras en régions.
Mobiliser l’appareil de formation.
Symbole d’accès facilité au plus grand nombre, le site www.haras-nationaux.fr permet l’accès direct au fichier SIRE, mais aussi de créer son espace, d’accéder à l’espace Etalons, aux statistiques, à la librairie où l’on trouve livres spécialisés, brochures, fiches, DVD.

Le Tour de France des Haras

Les Haras Nationaux
Au quotidien, que vous soyez cavalier amateur, futur acheteur d’un cheval, entraîneur, enseignant, les Haras nationaux sont donc à votre disposition. Mais c’est aussi un patrimoine immobilier exceptionnel, sans oublier tous ces objets qui ont trait à l’histoire de la relation homme-cheval.
Alors pourquoi ne pas envisager de les inscrire dans vos circuits touristiques ? Car les Haras ont essaimé dans toutes les régions de France. Peu d’entre nous ignorent le Haras national du Pin, surnommé le « Versailles du cheval », construit entre 1715 et 1730 dans l’Orne. Pompadour, en Corrèze, en plus de son haras national, accueille également depuis 2006 le siège des Haras Nationaux. Mais connaissez-vous Aurillac, Bazas, Besançon, Cluny, Hennebont, Lamballe, La Lion d’Angers, Les Bréviaires (Ile-de-France), Montier-en-Der, Pau-Gelos, Rodez, Rosières-aux-Salines (Meurthe-et-Moselle), Saint-Lô, Saintes, Strasbourg, Tarbes, Uzès et Villeneuve-sur-Lot ? Vous y découvrirez anciens couvents, monastères, manufactures, châteaux, salines qui ont échappé aux foudres de l’Histoire en devenant ces lieux de préservation et de développement du cheval.
Et comme un bonheur ne vient jamais seul, vous pourrez vous régaler en découvrant l’ensemble unique en son genre que représentent les voitures hippomobiles (300), qui sont réparties sur vingt sites. Le travail des carrossiers, charrons, selliers (du XIXe siècle au début du XXe) est ainsi préservé et mis en valeur. Tilburies, breaks, voitures de travail des champs, ils sont là pour nous rappeler à quel point le cheval était indispensable à notre vie et à notre économie il y a moins d’un siècle encore.
Ce dont les murs des Haras, leur passé, la culture qui s’y rattache nous parlent encore.

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Dominique-Laurence Repessé




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