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Gwendoline, un cœur en or

Mais qu’est-ce qui a pu pousser une jeune maman, boulangère à Palavas, à s’embarquer dans l’aventure de la création d’une écurie de propriétaires, laissant derrière elle une belle maison et des revenus confortables ? Essayons d’en savoir plus.



Gwendoline, un cœur en or
Gwendoline est née à Lyon, en 1972. Une belle jeune fille qui fait des études classiques mais qui, trois mois avant le bac A2 (littéraire), part treize mois aux Etats-Unis comme fille au pair, dans l’Etat de Washington. A son retour, elle rencontre Stéphane, boulanger à Palavas, entame une formation dans le tourisme qui n’aboutit pas. Elle travaille d’abord le week-end à la boulangerie puis la semaine. Laura naît alors qu’elle a 22 ans, puis Manon, puis Sara. Ici une mise au point s’impose : parler de Gwendoline sans parler de Stéphane, de ses filles, c’est rater l’essentiel. Car ces cinq-là sont liés d’amour, de projets, de cran. Eux sans elle, elle sans eux, rien ne tiendrait vraiment debout. Pas même les chevaux !

Une sensibilité à fleur de peau

Les chevaux sont là, dans sa jeunesse, grâce à son père qui vit à la Grande-Motte, et qui possède un quarter horse et un espagnol. L’été elle part en balade sur un vieux cheval, Apache, qui n’appartient pas à son père. Dans un parcours hors club, elle s’initie à l’éducation équestre avec un poulain. Un lien fort se crée, rompu par la vente du poulain. La rencontre avec Stéphane fonde une trace équestre qui ne se démentira plus, même si il y a des hauts (les écuries Espéranza) et des bas (les écuries Espéranza !). Stéphane a eu son premier cheval (Fanfaron) en 2000 puis mène son élevage avec quatre poulinières à Villeneuve tout en poursuivant son travail à la boulangerie. Gwendoline se contente de choisir le nom des chevaux tellement elle a peur de s’investir dans une relation avec eux et lorsqu’il lui offre Orion (poulinière), elle la refuse d’abord ! Aujourd’hui Orion est aux écuries. Après la naissance de sa dernière fille, elle part en randonnée et recrée un lien avec Filou, qui rentre boiteux. Lui aussi est vendu et elle ressent à nouveau un sentiment d’abandon. C’est là une de ses caractéristiques, des sentiments à fleur de peau, un dégoût viscéral de l’injustice. Ce qui signifie que les joies de Gwen, comme ses colères, sont à fleur de peau, un peu comme à l’enfance. Lorsqu’elle donne son amitié, c’est clair, c’est du solide. Mais si vous la blessez, attention, le ton montera très vite. Cela dit, la colère ne dure pas mais il faudra du temps pour que ses cicatrices se referment.

L’aventure des Ecuries

Gwendoline, un cœur en or
Lorsque Stéphane quitte la boulangerie en 2004, ils ont une belle maison, les trois filles sont là et ils laissent derrière eux une vie certes laborieuse mais qui rapporte bien (Palavas reçoit de très nombreux touristes toute l’année). Ils envisagent un temps d’ouvrir un restaurant (Gwendoline travaille en cuisine après la boulangerie) mais il y a aussi le projet de monter leurs écuries. Elle y voit l’occasion de bâtir ensemble et ils décident de se lancer.
Stéphane, qui n’a pas eu le chômage puisqu’il était gérant salarié, obtient alors le statut d’agriculteur et ils décident de vendre la maison pour financer 3,5 hectares de terres à la sortie de Villeneuve, acheter les Mobil Homes qui vont les héberger à partir de 2007 (et qui leur vaudront la visite des gendarmes), le bois de construction, financer le terrassement, les terres à fourrage, 20 ha), les machines agricoles, payer l’architecte, monter le rond de longe et la carrière. Ils obtiennent le permis (ils sont sur un site classé) et le terrassement avance jusqu’à la disparition dans la nature de l’architecte (dont ils apprendront par la suite qu’il n’en est pas à son coup d’essai d’escroquerie). Ils doivent faire appel à un fabricant, coulent eux-mêmes la dalle qui va supporter les boxes et le futur club house. En septembre 2008 les écuries sont finies (7 boxes, 1 sellerie, 1 WC, 2 stalles de pansage avec douche) et les premiers propriétaires arrivent. Le club house sera monté et fini en 2009, ce qui leur vaudra enfin un hiver au chaud ! Aujourd’hui 22 pensionnaires se partagent les boxes et les paddocks, outre 1 âne, des poneys. Se côtoient un Trait du Nord, un Comtois, un trotteur réformé, des Camargue, des Selles français… dans une ambiance chaleureuse.

L’art de retrousser ses manches

Seulement l’activité actuelle ne leur permet pas de se salarier. Alors Gwendoline prend une activité d’auxiliaire de vie pour les personnes âgées. Ce qui donne un emploi du temps… un peu chargé. Qu’on en juge : mettre sa fille aînée au bus à 7 heures, nourrir les chevaux dans les boxes, partir au travail jusqu’à 12 h 30, rentrer, faire la lessive, le ménage, repartir à 15 heures pour son travail, rentrer à 16 heures, accueillir Sara qui sort du collège puis Laura qui rentre en bus, préparer le dîner. Le vendredi, variante avec les chevaux en boxes à nourrir, à sortir, les boxes à curer, rempailler… Pas étonnant qu’il soit difficile de la joindre par téléphone après 21 heures !
Et elle est incollable sur l’état de santé tant physique que moral de chacun des pensionnaires. Qu’un propriétaire soit moins vigilant, qu’elle sente qu’un cheval est délaissé, et la voilà en alerte, malheureuse, cherchant à compenser mais aussi à renouer le contact avec le cavalier et à savoir pourquoi il est moins présent, moins attentif. Car voir un cheval malheureux la rend… malheureuse. Sans compter que Stéphane fait fourrière équestre et que cette activité leur donne donc à accueillir des chevaux désorientés, qui ne font plus confiance à l’homme et  auquel il faut trouver une place temporaire le temps qu’il se remette de son « évasion », de ses traumatismes. C’est là qu’intervient un personnage singulier, Bruno, qui a fait ses débuts aux Ecuries comme simple propriétaire avec son cheval Rinpo. Ils le surprennent un jour à cru, monté à l’envers et observent qu’il travaille exclusivement en liberté (surveillée tout de même). Il devient non seulement un ami mais aussi le consultant éthologique des propriétaires et le rebouteux des chevaux brisés par les mauvais traitements. Les deux aînées, formidables cavalières tant classiques qu’à cru, et dotées elles aussi d’un cœur énorme, deviennent ses partenaires de spectacles qui animent les Ecuries à partir du mois d’avril et se produisent aussi à Equisud. Laura est en terminale S et veut devenir ostéopathe équin, Manon est en bac pro Elevage, tandis que Sara observe toute cette agitation équestre avec flegme, plus tentée par un apprentissage en cuisine (bon sang ne saurait mentir !).

Les projets

Gwendoline, un cœur en or
Toute cette aventure pourrait bien ressembler à un coup de tête, mais ce serait oublier que Gwendoline (et Stéphane) ont une solide habitude du commerce (avec une spécialisation paperasserie administrative pour elle !), que travailler et retrousser ses manches ne leur a jamais fait peur (en boulangerie les paresseux ne réussissent guère). Dans les années qui viennent ils aimeraient avoir une habitation (en bois), se dégager des salaires, finir les boxes, se spécialiser dans les poulains orphelins et acheter de la terre pour créer des gîtes installés dans des yourtes ! Et quand on demande à Gwendoline si c’était à refaire, elle répond qu’elle ne changerait rien, malgré le décalage avec le train de vie d’autrefois, avec, notamment, une vraie maison, en dur. Que la convivialité qu’elle vit aujourd’hui c’est ce qu’elle aime, ce qu’elle veut privilégier, pour nous, passionnés de chevaux, et pour eux, auxquels elle procure un confort moral inestimable.
Et ça, je vous le garantis, c’est parfaitement réussi, avec en prime les fins d’après-midi crêpes, galettes à se pourlécher les babines que nous concocte la famille Vedel.


Dominique-Laurence Repessé





1.Posté par Bambou le 07/09/2012 23:02
Belle histoire!!!Beau cœur!!!

2.Posté par gwendo le 30/11/2013 21:00
ça m a fait un grand plaisir de relire ton article.meme si la situation a changée depuis tu avais bien cerner ma vie.et je pense que meme si je prends un virage a 180° les chevaux feront tjrs partie de moi,ils sont en moi et grace a Manon jepourrais continuer a vivre ma passion:le contacte et le travaille en liberté ainsi que l education des poulains.un GRAND merci ma domie,ns aussi,c est une belle rencontre.......

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