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Gwendolen Fer : Le Concours Complet au féminin

Cela fait presque 20 ans que Gwendolen Fer pratique l’équitation et pourtant la jeune toulousaine spécialiste du concours complet n’a que 24 ans. En deux décennies, Gwendolen Fer n’a pas perdu de temps puisqu’elle a décroché trois titres de championne de France et surtout terminé 7ème de son premier concours quatre étoiles à Pau en octobre 2009. Retour sur le parcours d’une cavalière de complet dans un pays où les cavalières de haut niveau se font encore rares.



Gwendolen Fer : Le Concours Complet au féminin
Gwendolen a commencé l’équitation à l’âge de 5ans au poney Club de Montgay à Nailloux sous la direction de Véronique Lafitte. L’objectif n’était certainement pas la compétition mais simplement trouver une occupation les mercredi après-midi de la petite dernière d’une famille sportive mais qui ne comptait aucun cavalier.

Le virus « familial » de la compétition fut vite attrapé puisque Gwendolen participa à son premier concours à l’âge de 8 ans en CSO puis en Concours Complet ce qui l’amène à participer à ses premiers championnats de France à 10 ans à Lamotte Beuvron. Terrains de la FFE qu’elle foulera avec ses différentes montures jusqu'à 16 ans (âge limite). Elle obtiendra, le titre de championne de France de Poney Grand Prix et une sélection pour les Championnats d’Europe obtenus avec Arius.

Cette année 2002 marquera le premier grand virage de la carrière de Gwendolen avec son passage à cheval. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il s’effectua d’une main de maître. En effet, pour son premier championnat de France, elle décroche le titre de Championne de France Junior alors qu’elle n’était que cadette. Il s’ensuit le premier dilemme. « J’étais sélectionnée pour les Europe Poneys et Junior. Or le règlement de la FEI interdit de participer à deux championnats d’Europe dans la même année. J’ai fait le choix du cœur en participant aux Europe Poney…aujourd’hui mon choix serait peut être différent. »
Ce parcours en compétition se fait en suivant un cursus scolaire classique qui ne se fait pas sans heurt puisqu’elle fut confrontée (comme d’autres sportifs et cavaliers) à l’incompréhension de son corps professoral. Toutefois, à force de travail et de persévérance, elle suit aujourd’hui les cours de l’ESC Grenoble par correspondance.

Une histoire de filles

Gwendolen Fer : Le Concours Complet au féminin
L’année 2003 sera marquée par la rencontre avec Leria du Ter (11ans, selle français). La cavalière de l’écurie des Houarn continue d’obtenir des places d’honneur et des sélections avec ses autres chevaux mais il faut bien reconnaître que le couple 100% féminin a quelque chose de spécial. « Ma mère a fait l’acquisition de Leria à 4 ans à Koris Vieules en 2003. Nous étions non seulement deux filles mais surtout deux filles avec très peu d’expérience. Nous avons franchis de nombreux obstacles et épreuves ensemble. C’est vrai que je suis fière et heureuse du parcours que nous avons effectué. »
Les premières années du couple se passent dans l’anonymat mais la treizième place du couple aux Championnats du Monde de Jeune Chevaux lance leur carrière en 2006. S’enchaîneront un titre de championne de France Jeunes Cavaliers en 2007, des participations en CCI*** et bien sur la belle performance de Pau en octobre 2009. Pour leur première participation à une épreuve du grand chelem, elles terminent 7ème, en remportant le cross alors que Gwendolen était la benjamine de l’épreuve ! «Je suis partie sur le parcours avec une boule au ventre mais dès les premiers obstacles j'ai senti que la jument était en forme mais de là à penser que nous allions être le seul sans faute maxi de la compétition..."
Le cross c’est un peu la marque de fabrique de ce couple qui se distingue par ses performances lors du 2ème jour : « c’est vrai que des trois épreuves, c’est dans celle du cross que notre complicité fait le plus d’étincelles. C’est dans cette épreuve que je prends le plus de plaisir, épreuve sans laquelle j’aurai du mal à envisager la compétition. Je le dois sûrement à mes deux anciens entraîneurs et excellents crossmen que sont Pascal Leroy et Bruno Bouvier » (ils comptent plusieurs participations à des CCI**** a leur actif).

En France, contrairement à la Grande-Bretagne ou à l’Allemagne, les femmes sont peu présentes à haut-niveau. Elles représentent prés de 80% des licenciés mais ne sont que quelques unes parmi les meilleures cavalières de complet hexagonal. Pour preuve, Gwendolen est la seule femme présente dans les listes de cavaliers sélectionnables pour les grands championnats établis par Laurent Bousquet (sélectionneur de l’Equipe de France). Il faut remonter à 1998 pour trouver la dernière femme ayant décroché une place en équipe de France élite : Marie-Christine Duroy de Laurière (championnat du monde à Rome). «Elle reste la référence en France et son parcours est fantastique. Je ne pense pas qu’être une femme soit un handicap en complet mais peut-être qu’il nous faut plus travailler que les hommes. Les allemandes et les anglaises y arrivent bien, pourquoi pas les françaises ».

Une discipline en pleine évolution

Gwendolen Fer : Le Concours Complet au féminin
En parallèle de la carrière menée avec Leria, la cavalière d'origine bretonne prépare des jeunes chevaux en vue d’obtenir des résultats similaires. « J’ai actuellement plusieurs chevaux au travail et je crois beaucoup en Romantic (5ans, selle français) et Solinda de Soult (4ans, anglo-arabe). J’espère également que je pourrais augmenter mon piquet de chevaux grâce à la confiance que m’accorderont des propriétaires.»
En concours complet comme dans les autres disciplines équestres, les cavaliers sont en étroites relations avec les propriétaires de leurs montures. Certaines histoires mènent à de vraies relations durables comme celle de Nicolas Touzaint avec la famille Girard-Claudon ou Jean Teulere avec Christophe Dubois.

D’ailleurs grâce, notamment, à ces deux cavaliers d’exception, le concours complet est en pleine expansion et sa notoriété va grandissante. Ce d’autant plus comme le souligne Gwendolen «les différentes initiatives menées par la Fédération française et les nouveaux moyens de communication amènent des entreprises extérieures au monde équestre à faire confiance aux cavaliers de cette discipline spectaculaire et attachante, ce qui ne pourra qu’être bénéfique à notre sport.»

Aujourd’hui, l’avenir s’offre à la blanche hermine toulousaine. En effet, ses performances accompagnées d’une farouche détermination permettent d’envisager une participation aux plus grandes compétitions internationales avec bien entendu les JO de Londres en ligne de mire et Gwendolen de conclure : « Comme tout sportif je pense aux Jeux. Je rêve de terminer notre parcours commun à Londres mais le rêve passe surtout par la réalité du travail et des résultats. » Soyons certains que Gwendolen et Leria du Ter sauront franchir les obstacles, gués et autres directionnels ainsi que trouver sponsors et propriétaires pour atteindre leurs rêves.


FCP




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