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GENEVIEVE DE SAINTE MARIE : FEMME DE TRADITION

L’histoire de l’ingénieur en Chef du GREF (Génie Rural des Eaux et des Forêts), Geneviève de Sainte Marie, est celle, dès l’enfance, d’une petite citadine amoureuse des chevaux et capable de s’investir pour eux au delà du raisonnable.



GENEVIEVE DE SAINTE MARIE : FEMME DE TRADITION
Dans la famille de Geneviève de Sainte Marie l’atavisme du cheval remonte sur plusieurs générations. Son arrière grand père a dédié sa vie aux chevaux de courses, et a créé un journal de pronostic, Le Carnet Rouge qui se vendait alors jusqu’en Allemagne. Son grand père a élevé Fakir V un trotteur réputé. Il était donc naturel que dès l’âge de 12 ans elle fasse ses débuts à cheval au centre équestre de l’Huisserie à Laval. « Ma première monture fut le premier grand amour de ma vie. Il s’appelait Riulfi connu par tous les adhérents du club sous le surnom de Biquet. C’était un cheval du centre équestre attachant et qualiteux dans nos compétitions de club, qui savait aussi nous déposer à terre les jours de froid sec ! Il est mort à 33 ans, après avoir soufflé les bougies de nombreux gâteaux d’anniversaire, un clafoutis aux pommes dont il raffolait, le « Biquet’s cake » !… » se souvient-elle. Rencontre avec cette passionnée.


Pourquoi une jeune femme choisit-elle d’entrer aux Haras Nationaux ?
Par passion pour les chevaux, les gens de chevaux et le milieu agricole qui m’attirait parce qu’il me semblait plus vrai. Lorsque je suis entrée aux Haras en 1975, il n’y avait qu’une femme en poste : Nicole Blanc. Elle avait, avec beaucoup de détermination, franchi la porte des haras, - alors très masculine…-, dans les années 70, tandis que la voie du GREF s’était ouverte aux ingénieurs femmes depuis 1965. Aujourd’hui, il y a des femmes à tous les postes. Personnellement, je n’ai jamais ressenti de machisme caractérisé même si la question sur la difficulté d’une femme à diriger des hommes m’a souvent été posée à mes débuts. Je reste convaincue que cette envie de convaincre, d’emmener une équipe qu’on appelle aujourd’hui le « management » relève plus d’une motivation individuelle que d’une différence génétique homme / femme.. .

Comment se passe une journée au haras ?
Lorsque j’étais sur le terrain, directrice d’un haras national, j’agissais à la fois comme un chef d’ entreprise au contact des salariés, des étalons, des clients …, et un chef de projet ou de marketing qui construit, avec les interlocuteurs externes de la filière hippique, une stratégie de développement pour la région dont il a la responsabilité.
J’ai connu les joies, les deuils que tout homme ou femme de cheval vit avec les chevaux dans une carrière. J’ai partagé avec les cavaliers le stress de la compétition en suivant les étalons nationaux que parfois même je travaillais sur le plat dans la semaine, comme Funchal de Semilly à Blois. J’aimais le sport, le mental de gagneur mais aussi la recherche du geste sportif optimum pour recueillir le meilleur de chaque cheval et préserver sa longévité Dans mon métier actuel d’ingénierie de projets, je me suis un peu éloignée des chevaux mais je reste proche des projets et des gens qui les portent
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Quelles sont vos missions les plus fréquentes ?
Mon métier actuel consiste à développer une activité professionnelle d’ingénierie de projets, de conseil et d’innovation au sein ou à partir des Haras nationaux.
Notre atout est la force de notre réseau, notre capacité à monter des partenariats avec des experts publics ou privés et à faire ainsi avancer les projets en même temps que la connaissance.
Nous avons l’ambition de contribuer au rayonnement de la France hippique, à l’international, en proposant aux meilleurs référents de l’élevage, de l’équitation ou des courses, aux personnels des Haras nationaux, aux civils ou aux organismes collectifs de la filière, de monter des offres et de créer des équipes pour accompagner des projets en Europe ou dans le monde. Nous portons aussi avec des organismes socio professionnels des projets éligibles aux fonds européens (par exemple le projet Equisave de promotion des territoires de l’arc Atlantique par les races locales de chevaux ou bien le développement du tourisme équestre sur l’arc méditerranéen).
A notre actif à ce jour : un projet de filière en phase de réalisation à St Pierre et Miquelon, un autre en Irlande et d’autres à venir peut-être en Roumanie, Chine Grèce.

Comment envisagez-vous l‘avenir?
Demain…après demain… des idées galopent : ouvrir cette antenne de réflexion, d’innovation et de conseil des Haras Nationaux au delà des frontières, ou bien, créer une entreprise, pour un nouveau challenge ! Je ne sais pas encore.
En fait notre vrai capital, personne ne peut nous le prendre, c’est celui de cette passion qu’on réussit parfois à transmettre, pour le meilleur et pour le pire !


GENEVIEVE DE SAINTE MARIE : FEMME DE TRADITION
Votre mari travaillé également aux Haras, rappelons pour mémoire, qu’il les a intégré au début de sa carrière dans l’équipe d’Eric Palmer pour expérimenter et vulgariser les « nouvelles » techniques de reproduction mises au point par l’INRA sur la jumenterie expérimentale du Haras du Pin. C’est lui qui a lancé sur le terrain l’échographie, et qui a été le 1er inséminateur en 1981 sur Galoubet A (SF). Mais qu’en est-il de vos enfants ?
Avec les enfants, lorsque vous les emmenez tous les dimanches sur les terrains de concours ou les hippodromes, ou bien ils attrapent le virus, ou bien ils sont dégoûtés à jamais. Nous, nous avons les deux exemples. Anne, 25 ans, est très, passionnée par les chevaux, notamment de sport et depuis peu, par les courses.
Olivier, 23 ans, bien que plutôt doué, ne veut plus entendre parler d’un concours hippique ; créatif talentueux, se destine au métier d’architecte ! A chacun sa route !


Pauline Dubois




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