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FEMMES DE CARACTÈRE : Joelle et Françoise Laroche



FEMMES DE CARACTÈRE : Joelle et Françoise Laroche
Les rencontrer ne fut pas chose aisée, tant elles sont discrètes, mais partager leur vie, le temps d’un reportage, fut un moment privilégié. Portrait de deux femmes d’exception.

Retour sur une fin d’après-midi en Normandie. Automne oblige, il fait nuit.
Dans les phares de la voiture, une grande allée, bordée d’arbres, des prairies à perte de vue. Un peu plus loin, des bâtiments, plus loin encore, la maison. Le silence. Le lieu est impressionnant. Une silhouette de femme s’avance, rapidement. Instantanément, on sait que c’est – elle. Un sourire éclaire son visage, Joelle Laroche, éleveur.

Le rendez-vous n’a pas été facile à obtenir, elle « n’aime pas la publicité. »
En la découvrant et la voyant évoluer, tout devient évident. Classe, fierté, énergie, volonté, que l’on devine sans faille, émanent d’elle.
Fille de Jean- Julien et Madeleine Dubois, éleveur-entraîneur au trot, sœur de Jean-Pierre Dubois, elle a grandi au milieu des chevaux. Elle a épousé Philippe Laroche, éleveur de trotteur en 1965 « Quand Philippe a disparu, en 1978, nous avions deux filles, Béatrice et Françoise. Il a fallu faire face. Fatiguée ou pas, il fallait travailler, continuer. » Conduire un tracteur comme un poids lourd, assumer chacune des étapes du métier, de la saillie à la naissance, puis de l’élevage jusqu’à la vente ou à l’entraînement pour valoriser, qualifier. Tout éleveur qui lira ces lignes comprendra la somme de travail que ces quelques mots signifient, et toute mère devinera au prix de quels efforts la femme éleveur devenait maman en retrouvant ses enfants.
Mais stoppons-là toutes ces considérations, sous peine de déplaire à l’intéressée, pudeur et dignité ne faisant pas bon ménage avec déballage !
L’élevage Laroche a toujours compté beaucoup de bons chevaux. GO DARLING figurait parmi les effectifs, Joelle s’est employée à conserver sa descendance. Pour ne citer que quelques-uns de ses produits, nous énumèrerons : INES D’AMOUR, HOUARI, ISMID et KISS ME DARLING.
Aujourd’hui, Joelle poursuit son activité avec huit poulinières. Dont FLY DARLING, mère de let’s GO DARLING. Elle mène toujours son élevage, seule, de main de maître et trouve encore le temps de savourer les joies que lui apporte sa petite fille Inès , dont la maman est Béatrice.

Depuis 1987 , Françoise, elle, marche sur les traces de celle qu’elle appelle, non sans respect : Joelle. « J’ai commencé à m’occuper des chevaux à douze ans, en vacances chez mon oncle Jean-Pierre Dubois, qui m’a mis à cheval. La greffe a pris à ce moment là. Nous passions , ma sœur Béatrice, ma cousine Véronique et mes cousins, Jean- Etienne et Jean-Philippe, des moments inoubliables . A quatorze ans , j’ai commencé à atteler Kérostigue, l’une des juments de mon oncle. Il m’a vraiment influencée, c’est quelqu’un de généreux, qui transmet facilement sa passion.
C’est ainsi que j’ai pu courir en amateur de très bons chevaux . »
Même allure, même charisme, Françoise possède tous les signes distincts de la famille Dubois-Laroche, la jeunesse et une certaine douceur en sus. Les chevaux ne s’y trompent pas et même les plus fougueux se calment rapidement devant son sang-froid, son calme.

Ce matin , il pleut à verse, mais imperturbable, accompagnée par ses deux fidèles bergers allemands, Françoise nourrit, soigne, transfère certains chevaux des prés aux boxes et vice-versa.

« lorsque je me suis installée, j’ai acheté quelques juments poulinières et je me suis associée avec Monsieur Roger Kaddour sur SIKISS D’HILLY .Elle a engendré BLUETTE d’HILLY,,CLISS D’HILLY, qui elle-même,, a produit LUCKY D’HILLY , dont la troisième mère , IRA de RETZ , une fille d’URA , a donné naissance à QUIRADOL D’HILLY et RAROTONGA, à la basse de MAMAORA, MADAM VICTORY, POPINEE de TIMBIA . Par ailleurs, je me suis associée avec ma mère sur MAJORINE START et pour ne citer que quelques-uns de ses produits les plus connus, je parlerai de : UP TO YOU , VELVET STAR, AS YOU LIKE (1’15 )et If YOU LIKE (1’16 ), une fille de COKTAIL Jet. »

UN ELEVAGE PROCHE DE LA NATURE

« J’élève de façon traditionnelle, le plus près possible de la nature. Mais aujourd’hui , il est difficile d’élever bio. On est confronté aux épandages des boues des villes, chargées de métaux lourds, plomb, mercure, cadmium, sur les labours et parfois sur les prairies et aux pulvérisations d’engrais chimiques azotés. »

Debout à 6 heures, couchée à pas d’heure, Françoise ne ménage pas ses efforts, elle s’occupe de tout. Pourtant , elle aurait pu faire une carrière dans l’hôtellerie, comme ses études le lui permettaient, s’installer aux Etats-Unis ou ailleurs, choisir une vie plus facile. Mais , l’amour du cheval a été le plus fort.
Aujourd’hui , elle ne regrette rien. Et il suffit de la regarder pour s’en convaincre, épanouie, souriante (même sous cette pluie battante !), ne se départissant jamais d’un flegme quasi-britannique, elle travaille sans relâche, passant des soins à l’entraînement sans autre interruption qu’un rapide , léger et tardif déjeuner .Le nombre des poulinières oscille entre dix et douze. Il y a quelques années, j’élevais quatre poulains, en ce moment, j’en ai huit , c’est trop, d’une part parce que je ne peux pas engager du personnel, en raison de la lourdeur des charges et par ailleurs, parce que le marché des yearlings est très moyen .
Mais , qu’importe la dureté du métier, lorsqu’elle entraîne ou mène, comme il lui est arrivé de le faire avec Love You, que lui avait confié son oncle dans une étape du GNT à Cabourg, elle oublie ses soucis d’éleveur.

J’aime l’entraînement , voir gagner un cheval que l’on a fait naître, élever, débourrer , entraîner, qualifier, « C’EST IMMENSE ! » . La boucle est bouclée. Tous mes poulains sont destinés à la vente. Les invendus son débourrés, pré-entraînés et dispatchés en fonction de leur qualité chez l’entraîneur, Yannick- Alain Briand dans le Sud- Est

La journée touche à sa fin , une dernière question , trouve-t-elle du temps libre ?
« Oui bien sûr , le soir , plutôt en saison basse .L’’hiver, on a plus de temps . Je voudrais en avoir un peu plus pour profiter davantage de la famille, des amis, mais bon… Si vous le permettez, je voudrais profiter de l’occasion que vous me donnez pour remercier ma famille. »
Qui a dit : quand on aime on ne compte pas ?.


Marlène Marcos




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