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FEMMES A L’ECOUTE : LES ASSISTANTES SOCIALES

Notre voyage à travers la découverte des métiers dans la filière cheval, nous a conduit à la rencontre de femmes (qui ne montent pas à cheval), mais qui elles aussi vivent une passion dans un monde qui parfois leur était inconnu…Les courses hippiques, un secteur économique de la filière agricole aux 52000 personnes travaillant dans des professions au contact de ce noble animal.
Le dictionnaire définit cette profession en ces termes :
Personne chargée d’un rôle d’assistance (morale, médicale, juridique ou matérielle) auprès d’individus ou des familles.
Marie-Claude, Madeleine, Catherine, Brigitte, Frédérique, Ludmilla ont pour profession assistante sociale, aidées par Sophie conseillère en économie sociale et familiale, au sein de l’A.F.A.S.E.C.(association de formation et d’ action sociale des écuries de courses . www.afasec.fr ) Nous sommes allées à leur rencontre afin de vous faire découvrir leur mission.



FEMMES A L’ECOUTE : LES ASSISTANTES SOCIALES
Nous arrivons Gouvieux (60) siége de L’A.F.A.S.E.C, dans un parc aux arbres centenaires où sont installés les bureaux dont les fenêtres ont une vue sur les pistes du centre d’entraînement des Aigles de chantilly. Hugues Leclercq délégué national et ses « Drôles de Dames » du service discret de l’Action Sociale et Médicale nous accueillent pour répondre a notre curiosité..
Oui, nous dit Hugues, vous avez raison notre service est discret, il ne fait pas de bruit. Présent partout en France au travers de ses différentes missions il suit les 4000 salariés des écuries de courses, dans différents domaines , Prévoyance ; Action sociale de proximité, avec la présence sur le territoire de ses six Assistantes du service social et d’une Conseillère en Economie sociale et familiale ; Santé avec le suivi médical des professionnels des courses ( Trot et Galop ), des jeunes en formation, le logement avec les appartements en réservation exclusive pour les salariés des écuries, ainsi que sur les questions d’emploi, avec le service CHEVAL EMPLOI, qui met en relation les professionnels, qu’ils soient entraîneurs ou salariés. L’A F A S E C développe, de plus en plus, une Action Sociale sur mesure pour répondre concrètement aux situations rencontrées.
C’est un travail d’ équipe, dans ces dimensions d’écoute, de proximité avec les situations des salariés des écuries, pour permettre à chacun, à chaque famille, de retrouver des logiques dans sa carrière professionnelle et dans sa vie personnelle. L’équipe de ce service ne se résume pas seulement aux assistantes sociales, il est

renforcé par des personnes qui exercent des fonctions qui sont complémentaires et permettent aux actions d’être efficaces. Je pense aux personnes dans l’accueil et le secrétariat, qui agissent, au quotidien, pour répondre, au mieux, aux attentes et questions des professionnels des courses.

FEMMES A L’ECOUTE : LES ASSISTANTES SOCIALES
Madeleine, vous faite partie de celle qui sont arrivées dans les débuts de la création de ce service, pouvez vous nous faire un petit cours d’histoire sur sa création

Auparavant chaque société mère de courses(5) gérait ses gains non réclamés et les utilisait pour des actions envers ses propres salariés et envers les jockeys et salariés des écuries de courses.
Par exemple construction de l’hôpital des courses à Maison Laffitte par la Société des Steeples Chases, de la clinique des jockeys à Chantilly par la Société d’Encouragement, de l’école du Moulin à Vent à Gouvieux, de celle de Maisons Laffitte ; deux assistantes sociales étaient employées : Melle Griveau par la Société d’encouragement à Chantilly et Melle Moreau par la Société des Steeples à Maisons Laffitte.
Dans les années 1977,1978,avec l’augmentation des paris et notamment la création du loto, l’Etat a légiféré sur l’utilisation des « gains non réclamés », qui sont des biens sans maître, donc propriété de l’Etat.
Tous les gains non réclamés des différentes sociétés de courses ont été rassemblés et repartis pour les salariés de l’institution (création de l’ORPESC)et pour l’autre pour les salariés des écuries avec une mission d’action sociale(création de l’AGOSEC) et de formation (création de l’AFADJHE) ; ces deux associations fusionneront pour donner l’AFASEC.
A la création de l’AGOSEC, le Service Social se composait de Melle Griveau à Chantilly, de Melle Moreau à Maisons Laffitte et Mme Bonnemort basée à Paris qui s’occupait du personnel de l’Institution des courses et des salariés des écuries de province.
En 1990,avec la mise en place de la Mutuelle, il y a eu une identification de tous les salariés des écuries de courses qui a permis un recensement des besoins et a nécessité une augmentation du nombre d’Assistantes Sociales pour couvrir le territoire. A présent nous sommes six, auxquelles s’ajoute une conseillère en économie sociale et familiale.

Pour être assistante sociale dans ce secteur y a t-il une formation particulière ?
Non , Nous avons le diplôme d’Etat d’Assistant de Service Social complété pour deux d’entre nous par le diplôme de conseillère du travail et diverses formations. Nos interventions venant en complément de celles des services sociaux existant, nous devons avoir une expérience professionnelle nous donnant une connaissance de tous les rouages des institutions pour ne pas faire « doublon »avec celles ci et apporter une réelle complémentarité.
Expériences acquises auprès de Services sociaux divers(entreprises, MSA, collectivités locales…)

Brigitte, Comment voyez vous votre mission ?
Nous sommes le seul service social à intervenir sur la globalité des situations des professionnels d’écuries, tant au niveau professionnel que personnel et familial, et essayons au maximum de jouer cette carte de polyvalence, en y ajoutant la proximité et la réactivité sur nos différents secteurs géographiques.

Nous recevons les salariés à leur demande ou à celle de tiers (services sociaux, conseil général ou MSA , employeurs…) Notre mission est de faire évoluer positivement la situation en collaboration avec le salarié et dans le respect du code déontologique de la profession.
Nous travaillons avec de nombreux partenaires internes ou externes à l’institution des courses, à la fois sur des situations individuelles ou dans des projets collectifs.
L’existence d’un service social au sein même de l’association favorise la réactivité et une prise en charge efficiente, sans lourdeur institutionnelle.

Quel regard avez vous par rapport aux autres secteurs professionnels ?
Alors même que nous intervenons dans un milieu professionnel, les salariés peuvent connaître des situations sociales difficiles(précarité financière par exemple) .Par ailleurs, du fait de logements possibles dans les écuries, les relations professionnelles et personnelles peuvent être imbriquées et difficiles, la vie familiale et la vie au travail étant souvent fortement associées. Ici le métier et la vie dans son ensemble, famille, loisirs, font un. Il y a peu de projection dans un ailleurs hors du monde du cheval et peu de projection également dans le futur, mais les salariés sont d’une grande mobilité géographique.

Comment arrivez vous à avoir du recul face aux problèmes graves que vous rencontrez ?
La formation initiale de 3ans et notre expérience professionnelle amènent à cette prise de recul . Pour les situations qui nous semblent lourdes, nous pouvons saisir nos autres collègues par téléphone ou en face à face lorsque nous, nous rencontrons une fois par mois en commission sociale. Par ailleurs, notre métier nécessite un bon équilibre personnel et familial qui permet une mise à distance pour aborder les situations difficiles et complexes.

Quelles évolutions y a t-il eu dans la façon de faire votre métier et maintenant ?
Les évolutions se rencontrent dans nos interventions et le changement du public rencontré
Les Services Sociaux sur le territoire ont de plus en plus de missions collectives, de ce fait nous sommes de plus en plus amenées à être seule dans l’accompagnement des salariés.
Par ailleurs, la féminisation de la profession nous demande un accompagnement dans des domaines différents : problèmes de gardes d’enfants dans une profession avec des horaires atypiques, demandes de reconversion rapide sans motifs d’inaptitude…

Avec quelles administrations avez vous le plus de lien ?
La MSA est un de nos partenaires réguliers puisque cet organisme verse les prestations familiales et logement, les prestations de santé et de retraites. C’est donc une grosse entité qui couvre différents champs de la vie familiale et professionnelle.
Nous constatons que les travailleurs sociaux de la MSA interviennent sur d’autres missions que le suivi individuel des ressortissants, pour mettre en œuvre des actions collectives à destination rurale au sens large. On assiste également à des fusions de MSA dans les régions. Les interlocuteurs administratifs ou médicaux sont à réidentifier, situés dans divers lieux, malgré un guichet unique et une proximité toujours affichée
Cela demande donc au service social de l’A F A S E C de maintenir constamment à jour ses informations et son réseau de partenaires.

Nous sommes souvent le premier et le seul lien social des professionnels d’écuries qui nous sollicitent perdus dans les dédales d’administrations nombreuses.

Quelles sont vos missions les plus fréquentes ?
Du fait du traitement global des problématiques qui interfèrent les unes sur les autres , il nous est difficile d’isoler nos interventions qui couvrent souvent plusieurs domaines à la fois. Citons pour exemple quelques axes de travail :
Travail : accompagnement des situations de changement, aide à l’élaboration d’un projet de reconversion professionnelle..
Logement : gestion d’un patrimoine locatif , appui au maintien dans les lieux constitution de dossiers de prêts habitat…
Santé : renseignements sur la couverture sociale et les assurances en cas de maladie, invalidité, mise à disposition lors des arrêts de travail, accompagnement après un accident du travail, une inaptitude médicale…
Budget : aide à la gestion budgétaire, constitution de dossiers de surendettement..
Famille : renseignements sur le droit de la famille, les prestations sociales….

Sophie pouvez vous nous d’écrire le travail de la Conseillère en économie sociale et familiale?
En poste sur Cabriès depuis 18 ans, mes missions sont multiples puisque de par ma formation, j’interviens dans tous les domaines de la vie quotidienne à savoir la famille, le logement, la santé, le travail, le budget et l’alimentation.
Ces champs d’interventions multiples et complémentaires me permettent d’intervenir auprès d’un large public allant des élèves et apprentis scolaires dans notre établissement, aux retraités de la profession en passant par les résidents du foyer et les salariés.
Face à des problématiques différentes, il est fondamental de travailler en collaboration avec l’équipe en poste ainsi qu’avec les partenaires sociaux locaux.
En plus du conseil, de l’information, de l’orientation et de l’aide à la prise de décision, je réponds à des situations d’urgence.

Quelle analyse faites vous sur la situation économique et familiale du secteur ?
A la question posée, je dirai que l’on assiste, malheureusement, à une dégradation des situations par l’augmentation du coût de la vie.
Nous sommes actuellement confrontés aux problèmes du logement : tous ceux proposés sur le centre d’entraînement, en dehors des 10 pavillons de l’A F A S EC, sont liés au contrat de travail. En périphérie du centre très peu sont disponibles ou sinon à des prix prohibitifs. En effet, sur la commune de Cabriès, proche de Marseille, il faut compter en moyenne 680 € pour un logement de type 2. La tendance actuelle est le recours à la colocation.

Qui de nos jours arrive à gérer avec 600€ : un crédit voiture, l’assurance, les frais inhérents au logement, la nourriture et l’habillement ? Tout en étant scrupuleux dans la gestion d’un budget, il est difficile, voir parfois impossible de s’en sortir. Ces situations peuvent engendrer de l’endettement et même du surendettement.

Une autre problématique émergente nous pose question : la féminisation massive de la profession fait apparaître des difficultés d’insertion professionnelle. En effet pénibilité du métier et grossesse n’étant pas compatibles, les futures mamans sont souvent arrêtées très tôt. Même si elles sont très appréciées dans le travail, leur absence peut poser problème surtout dans les petites écuries.
La seconde difficulté repose sur les modes de garde. Nombreuses sont les familles qui ne trouvent pas de modes de garde adaptés à la contrainte des horaires professionnels (crèches et assistantes maternelles). D’autres solutions sont trouvées comme les « nounous » non déclarées mais elles restent très onéreuses et amènent les jeunes mamans à s’arrêter de travailler.
Afin d’aider les parents à rester insérés dans la vie professionnelle, de favoriser le retour à l’activité des jeunes mères avant la fin du congé parental et d’augmenter les revenus des familles, l’A F A S E C a lancé un travail de réflexion visant à trouver des solutions adaptées à proximité du Centre, pour la garde et l’accueil des jeunes enfants.

Pour terminer sur une note avec plus de perspective, suite à un constat de surconsommation de fast food et pizzas par nos jeunes résidents, j’ai depuis 2 ans, avec l’étroite collaboration de virginie, éducatrice spécialisée sur la résidence sociale, mis en place et programmé des ateliers "cuisine". Ceux-ci consistent à permette aux marmitons sélectionnés d élaborer, chaque semaine, « comme à la maison » des mets simples et équilibrés tout en respectant des contraintes budgétaires.
De nombreuses variantes sont prévues ! Peut-être seront-elles développées dans un prochain numéro !
Ceci n’est qu’un échantillon du travail effectué. La diversité des interventions et du public visé ne permettent pas de tomber dans la routine d’où toute la richesse de ce travail réalisé au quotidien.

Marie-Claude Quelle est votre plus grande réussite , Qu’est ce que vous aimeriez réussir ?
Le travail quotidien est un travail de fourmi ; je ne peux parler de « grande réussite » si ce n’est d’ajuster au mieux la demande de la personne et ce que je suis en mesure de lui apporter. Ce que j’aimerais voir se réaliser : Que les partenaires de l’institution des courses facilitent et permettent aux cavaliers d’entraînement ne pouvant plus exercer leur métier, de se reconvertir au sein même de l’institution En effet, beaucoup de salariés aimeraient se reconvertir au sein de l’institution mais ce pose souvent la question d’un métier différent et de compétences très différentes d’où l’importance de la formation et du diplôme obtenu à l’AFASEC.

Et vous Madeleine ?
Avoir pu identifier et remonter les besoins des salariés des Ecuries et avoir ainsi participé à la création de l’Entreprise adaptée Epona en 1985(pour les salariés des écuries de courses ne pouvant plus exercer leur métier) et du régime de prévoyance en 1990.
La mise en place de ce régime a été essentielle tant pour la couverture sociale des salariés, que pour la possibilité de les informer, les contacter et donc être à l’écoute de leurs besoins Un rêve….Que notre Service n’ait plus de raison d’être….

Laissons là nos drôles de dames à leur mission ‘‘accompagner ‘

Une équipe a l’écoute : informations complémentaires, concernant les fonctions de chaque membre de l’équipe de l’Action Sociale de l’A F A S E C,

FEMMES A L’ECOUTE : LES ASSISTANTES SOCIALES
Les Assistantes Sociales :toutes titulaires du diplôme d’état d’assistant de service social

Madeleine DUBOIS : logements, accompagnement social et reconversion professionnelle, joignable au 03.44.62.41.61, basée à Chantilly ;

Marie –Claude COIGNARD : accompagnement social des salariés des adultes en formation et des salariés hébergés à la Résidence AFASEC de Chantilly, joignable au 03.44.62.41.93, basée à Chantilly ;

Frédérique PETERS, basée à PAU et couvrant le grand Sud : accompagnement social des salariés d’écuries de courses, reconversion, accompagnement au niveau du logement et des questions d’insertion dans la vie professionnelle, joignable au 05.59.13.80.84 ;

Brigitte HUARD, basée à Maisons-Laffitte et couvrant une partie de la région Parisienne, la Haute et Basse Normandie : accompagnement social des salariés ( TROT et GALOP ), projets de développement local avec les partenaires locaux ( MSA et collectivités locales ), reconversion professionnelle, problématiques de santé, joignable au 01.39.62.92.92 ;

Catherine RUISSEAU, basée à Laval ( locaux MSA ) et couvrant le Grand Ouest : accompagnement social des salariés ( TROT et GALOP ), reconversion professionnelle, problématiques sociales des personnes issues du monde des courses, « référente » du Centre d’entraînement de SENONNES ( Mayenne ), joignable au 02.43.91.82.13 ;

Ludmilla JIDKOFF, basée sur le Domaine de GROSBOIS et couvrant l’Orne, le grand Est, le Centre, le Parc du Cheval à Chazey sur Ain et une partie de la Région Parisienne : accompagnement social des salariés des écuries ( TROT et GALOP ), reconversion professionnelle, accompagnement des jeunes en formation du CFA de GROSBOIS, joignable au 01.45.69.07.52 ;

Nous trouvons, ensuite, et qui « complète » l’équipe du Service Social de l’AFASEC, Sophie PERRIN, Conseillère en Economie Sociale et Familiale, qui exerce ses missions au Service Social de CABRIES, près de MARSEILLE, Centre d’entraînement de CALAS. Sophie PERRIN est joignable au 04.42.94.91.32. Elle assure ses missions en accompagnement social des salariés d’écuries de courses ( TROT et GALOP ), accompagnement des personnes sur les questions de santé et de prévention. Elle intervient également auprès de l’Ecole de formation de Cabriès, située sur le même site, en prévention, au niveau de l’éducation à la santé, auprès des jeunes en formation. Sophie PERRIN développe également des actions de formation et de sensibilisation sur les questions de nutrition et d’alimentation, à partir d’ateliers « cuisine », lieu d’apprentissage d’une alimentation adaptée. Elle est référente, de l’équipe du Service Social, au plan national, sur ces questions. Sophie PERRIN est titulaire du diplôme d’état de Conseillère en économie sociale et familiale.

Au niveau de la Prévoyance de la branche professionnelle des professionnels des courses, nous trouvons, comme Responsable de ce service : Patrick LALLEMAND, joignable au 0800.08.58.71 ( Numéro vert-Prévoyance ).
Monsieur LALLEMAND coordonne l’ensemble des contrats de prévoyance, au plan national, l’Accord National de Prévoyance, pour les salariés d’écuries de courses, comme les contrats de prévoyance, plus spécifiques, pour les trotteurs et les jockeys professionnels. IL est l’interlocuteur privilégié des employeurs, comme des salariés, pour toutes les questions concernant ces contrats. Monsieur LALLEMAND assure également le recouvrement des cotisations, au titre de l’Accord National de Prévoyance, auprès des employeurs.


AFASEC




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