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FEMME DE LETTRE : Marlène Marcos journaliste et auteur du livre « Si le Trot m’était conté… ».

Marlène Marcos découvre le Trot en 2007 en tant que rédactrice en chef d’un magazine hippique national. Au préalable, elle a exercé son métier de journaliste d’abord dans la presse quotidienne régionale. Envoyée spéciale du Journal de Toulouse, elle a couvert, entre autres, la révolution roumaine à Timisoara, puis les élections présidentielles, et municipales de 1988, 1995 et 2002. A la naissance de sa fille elle donne une nouvelle orientation à sa carrière et elle travaille alors pour différents magazines nationaux de culture et de loisirs. Nous avons rencontré aujourd’hui une femme de terrain qui n’a pas hésité à s’engager dans un parcours encore différent pour découvrir un monde qu’elle ne connaissait pas : celui du Trot dans la France des années 40 à 70.



FEMME DE LETTRE : Marlène Marcos journaliste et auteur du livre « Si le Trot m’était conté… ».
Marlène Marcos, pouvez-vous nous dire comment est né ce livre ?
C’est d’abord une histoire d’amitié entre deux femmes qui est né de ma rencontre avec Martine Fasquelle, fille de l’entraîneur Laurent Della Rocca. Véritable femme du sérail, elle venait de créer l’association Seniors des Courses et souhaitait raconter la vie de ces hommes qui ont fait les grandes heures du Trot afin que la jeune génération apprenne l’histoire de ces pionniers. Elle m’a proposée de l’aider a concrétiser ce projet Elle m’a parlé d’eux avec enthousiasme, respect et elle m’a convaincue !

Comment a débuté cette aventure et dans quelles circonstances s’est - elle déroulée ?
Vous avez raison de dire aventure (elle éclat de rire) ! D’abord, il nous a fallu apprendre à travailler ensemble ! Puis comme nous voulions rester indépendantes, il a fallu trouvé des fonds, créer une maison d’édition … Martine, à son habitude, a tout pris en main. Elle a fait appel à l’une de ses amies Eveline Letourneur, expert comptable de talent, habituée au monde des entreprises et à leur gestion. En un tour de main elles ont mis en place la société d’éditions les 2Mes+ . Il ne me restait plus alors qu’à me mettre au travail ! Partir à la rencontre de tous ces professionnels, apprendre à les connaitre, pénétrer dans leur univers, trouver une trame, etc, etc.
Martine m’a ouvert les portes, m’a facilité tous les contacts, en m’aidant dans la préparation des entretiens, m’assistant lors des rencontres, elle ma apporté toutes ses connaissances, puis a assumé le rôle de correctrice vigilante et exigeante !


Ecrire un livre sur commande vous a-t-il paru un exercice facile?
Non justement parce que je n’étais pas porteuse de l’idée et qu’il m’a fallu un peu de temps pour me l’approprier. De plus, investie d’une mission je me sentais d’autant plus responsable, je me devais de ne pas trahir la confiance de celle qui me l’avait m’accordée.

FEMME DE LETTRE : Marlène Marcos journaliste et auteur du livre « Si le Trot m’était conté… ».
Comment définissez-vous « Si le Trot m’était conté …» ?
C’est un livre de souvenirs, un travail sur la mémoire. Il est écrit sur la base de témoignages, il relate sous la forme d’un récit romancé l’histoire des hommes du Trot dans la France des années 40 jusqu’à 70.

Avez-vous transformé, romancé les personnages ?
Non en aucun cas. Tous les personnages sont bels et bien réels. J’ai rencontré tous ces hommes célèbres qui ont fait vibrer le cœur des turfistes pendant de longues années : Bigeon, Brohier, Allaire, Mascle, Mesdames Dreux, Verroken, etc., etc… Nous sommes allés les voir, chez eux, dans leur région. Je les ai interviewés en les filmant comme on le fait au cours d’une enquête ou d’un reportage. Restait ensuite à trouver un moyen pour mettre en forme l’ensemble de ces témoignages.

Qu’elles étaient vos préoccupations ?
Trois points me tenaient particulièrement à cœur : d’une part, comme il s’agissait d’ un livre sur la mémoire, je souhaitais recréer le processus du déroulement de la pensée tel qu’il nous apparaît lorsque nous évoquons des souvenirs. De plus, pour être encore plus près de la réalité, (réflexe de journaliste sans doute !) je tenais à resituer l’action dans son contexte politique et social. Le tout en essayant d’avoir un ton dynamique, rapide, le plus vivant possible.

Quelles impressions vous reste-t-il après ce voyage dans le temps ?
Je l’ai écrit dans ma conclusion, la mémoire nous joue des tours. La titiller nous met parfois en danger. En remontant la piste du souvenir avec tous les personnages du livre j’ai retrouvé les miens et ceux qui sont liés à mes parents trop tôt disparus à qui j’ai dédié ce livre. Aujourd’hui, avec plus de recul, j’éprouve la satisfaction de quelqu’un qui a la sensation d’être allé au bout de son contrat. J’espère maintenant que tous les lecteurs, quel que soit leur âge, aimeront ce livre et s’y retrouveront. Alors, je serai contente.

FEMME DE LETTRE : Marlène Marcos journaliste et auteur du livre « Si le Trot m’était conté… ».
Garderez-vous un bon souvenir de cette expérience ?
Excellent, sans hésitation. C’était une aventure humaine formidable. Tous ces professionnels ont de sacrées personnalités. Discuter avec eux et leurs épouses étaient très enrichissant. J’ai réellement pris beaucoup de plaisir en leur compagnie. Ensemble, nous avons remonté le temps. Et aujourd’hui, où tout va un peu trop vite, prendre le temps de se parler, de se souvenir, d’écouter le récit d’une autre vie, d’autres événements est un vrai bonheur. Personnellement, j’ai toujours aimé ces moments rares et privilégiés. Voilà pourquoi je serai toujours ravie de retrouver ces hommes et ces femmes.

Avant de nous quitter pouvez vous nous en dire plus sur l’histoire ?
L’action débute sous l’Occupation. Les personnages ont entre 13, 15, et 20 ans, ils ignorent encore qu’ils deviendront célèbres et connaîtront tous les honneurs. En ces temps troublés, survivre, résister à l’occupant représentent les seules limites de leur horizon. Ainsi en Bretagne, Pierre Désiré Allaire, s’écroule sous les balles des soldats d’un barrage allemand qu’il tente de franchir pour apporter son aide à M. Boowi l’un des patrons de la résistance . En Normandie, bravant les autorités, Guillaume de Bellaigue récupère, gare de Serquigny, les jeunes Français contraints par le STO à partir en Allemagne. Il leur fournit de faux papiers et du travail. Un jour, des soldats allemands à la recherche des clandestins envahissent la propriété, « Papirrrs ! » ordonne le soldat…Tandis qu’ à Vierzon, les Feld Gendarmes arrêtent Laurent Della Rocca qui essaie de rejoindre la France libre, et qu’à Joinville-le-Pont, Marie-Rose Souchon cache des aviateurs Anglais dans son grenier… Songez que quelques années plus tard, ces hommes qui n’avaient que pour dénominateur commun et seule richesse : l’amour du cheval, fréquentaient les plus grands de ce monde : Gabin, Jouvet, Berry, Anquetil, Cerdan, l'Agha Khan, Rothschild !

Un dernier mot ?
En lisant ce livre le lecteur découvrira la jeunesse, l’engagement des hommes du Trot. Il pénètrera dans l’univers des courses, il marchera dans les traces des grands journalistes tels Maurice Bernardet et Maurice Necker devenu après avoir échappé à une rafle à Vincennes Maurice Blancmesnil, grand chroniqueur hippique sur France Inter… Il aura encore le privilège d’accéder à
plusieurs pages de dédicaces, de photos et documents originaux qui concluent cet ouvrage.

Peut-on espérer une suite ?
Je ne vous cacherai pas qu’elle nous est souvent réclamée. Pour l’instant rien n’est décidé. Nous réfléchissons. D’ici là bonne lecture avec ce premier tome !


Propos recueillis par Adeline Dès




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