Notez

Equitation, Passion et Raison !



Equitation, Passion et Raison !
EQUITATION, PASSION ET RAISON !

Dans la nuit des temps, le cheval de guerre, de travail, d’attelage, de course est une histoire d’hommes ; en quelques décennies, l’équitation du verbe « équiter » disparu de notre dictionnaire dans les années 50 devient une histoire de femme !
Analyse d’un phénomène de société qui touche de nombreux pays dans le monde, cet article se veut aussi prospectif sur l’aventure de l’équitation en France, cas unique au monde à biens des égards


UNE FEMINISATION NON MAITRISEE !

Dans les années 1970, le Directeur des Haras Nationaux, Monsieur Henri Blanc décide de soutenir trois initiatives complémentaires du développement des sports équestres dans une période économique positive : le développement des poney clubs pour les enfants, du tourisme équestres, équitation « de plaisance » et de la gestion des centres équestres, creusets de la « fabrication des cavaliers ». Trois association sont fortement soutenues, le Poney Club de France et l’association Nationale de Tourisme Equestre aujourd’hui fondus dans la Fédération Française d’Equitation et la Groupement Hippique National, association nationale des dirigeants de centres équestres aujourd’hui partenaire de cette même et unique Fédération sportive.
Cette initiative prise par un véritable visionnaire, Monsieur Blanc donne aujourd’hui les clés d’un développement de l’équitation à la Française tout a fait original : le cavalier français est une jeune fille de 14 ans, l’enseignant d’équitation est une monitrice et le Dirigeant de centre équestre est aujourd’hui le plus souvent…une dirigeante Si ce secteur professionnel qui regroupe aujourd’hui 22 000 non salariés et salariés assume les congés de maternité et le turn- over familial qui découle de cette féminisation, il doit aussi répondre à une question déterminante : comment parvenir à attirer aussi les hommes vers l’équitation ?!

UN DEVELOPPEMENT TRES RAPIDE

La loi de finances de 2004 et la Loi de développement des territoires ruraux de 2005 ont donné aux centres équestres comme aux entraîneurs le statut d’agriculteur assorti d’une fiscalité enfin adaptée et du droit de construire. La croissance des centres équestres est passé d’environ 3% par an en 2003 à prêt de 10 % en 2008, la Fédération Française d’Equitation connaît une croissance du nombre de licenciés à deux chiffres, du jamais vu et sera très probablement en 2008 la troisième Fédération sportive olympique après le football et le tennis, et devant le Judo qui la devance encore de peu. Création de plusieurs milliers de nouveaux clubs en une décennie, des emplois qui suivront forcément et développement de toutes les pratiques équestres s’appuient déjà sur un réservoir d’équidés de selle dont on découvre qu’il dépasse probablement le million d’équidés sur le territoire.
A fabriquer depuis les années 1970 des milliers de cavaliers, les centres équestres ont généré toute une économie parallèle du cheval d’agrément et du cheval de sport qui ne repose que sur la dépense de passionnés. Par opposition à ce marché passion, les centres équestres passent actuellement le seuil de 2 salariés en moyenne, deviennent parfois de véritables PME en zone urbaine, attirent de nombreux agriculteurs vers une diversification de leurs activités.
Toutes ces initiatives croisent le même phénomène, l’omniprésence des femmes !
Donc nous sommes déjà entrés dans une période étonnante pendant laquelle les femmes, majoritaires, vont devoir développer ce secteur d’activités ludiques, sportives, écologiques, en intéressant les hommes !

UN AVENIR ROSE ?

C’est le Groupement Hippique National présidé par une femme et dont le trésorier est une trésorière qui agit au quotidien aux côtés de plus de 4000 dirigeants et dans toutes les instances décisionnaires qui pilotent l’adaptation des centres équestres à leur environnement social et économique. Pour cette organisation, deux avenirs se dessinent à courte échéance, l’un très inquiétant provenant du lobby auprès de commissaires européens qui veulent mettre à bas l’économie agricole du cheval à la française, l’autre provenant d’études récentes qui montrent que 800 000 français non cavaliers ont très envie de monter à cheval ou à poney.
Les centres équestres travaillent avec le secteur des courses et la branche agricole à la défense de leur statut et de leur économie à la française, ils travaillent aussi sur toutes les pistes permettant à la fois de diversifier encore leurs activités vers tous les publics et de faire grandir plus encore les dimensions pédagogiques et sportives de l’équitation.
La France est la seule nation au monde qui connaisse une telle densité de cavaliers aujourd’hui ; les femmes qui portent la raison et vivent leur passion seront bien inspirées de développer l’égalité …équestre, il va falloir attirer les hommes !


Jean-Marc Lassus




Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Maître Guillaume Fallourd | Nausicaa l’Hotellier de la CCMSA | Jean-Marc Lassus du GHN | Dominique Bouvier | Jean-Yves Camenen | D. BAILLEUX | Eveline Letourneur (CGPC) | Philippe Fraioli (IFCE) | Jean-Luc DELAVAUD | LdB AUDIT