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Christiane Head-Maarek , dite Criquette : “entraîneur, un métier ? NON une PASSION

C’est l’histoire d’une passion, mais qui n’appartient pas qu’à Criquette.
Elle en a simplement hérité, comme on hérite de son patronyme. Pour elle, Head, c’est chevaux. Depuis quatre générations, les Head ont vécu, vibré, et fait briller les quatre lettres de leur nom au firmament des courses hippiques.



Christiane Head-Maarek , dite Criquette : “entraîneur, un métier ? NON une PASSION
Figure déjà légendaire du turf français, Criquette Head cristallise la quatrième génération d’une famille qui, devenue une dynastie, est associée pour l’éternité au monde hippique. Son père Alec Head, est l’un des éleveurs-propriétaires-entraîneurs le plus célèbre du monde des courses. On ne présente plus son frère, Freddy Head, six fois Cravache d’or en France avant de devenir entraîneur, et sa sœur, Martine, qui a repris le prestigieux haras du Quesnay près de Deauville.
À près de soixante ans et trente ans de carrière d’entraîneur derrière elle, Christiane (surnommée Criquette tout d’abord par ses parents, puis par tout le monde aujourd’hui) a tout connu ! Elle ne compte plus ses courses... On ne compte plus ses victoires. Première femme entraîneur à remporter le fameux grand prix de l’Arc de Triomphe en 1979, la voilà partie pour une longue, une très longue série de conquêtes. Et pas seulement au niveau des grands Prix mais aussi pour faire reconnaître au sein d’un milieu machiste, la force des qualités féminines dans un métier exclusivement masculin.
“ Nous nous sommes battues longtemps pour que l’on soit enfin reconnues, explique-t-elle. Pour que les femmes entraîneurs qui travaillent avec leur mari, ou même celles qui ne sont pas entraîneurs, mais qui de surcroît, tiennent la comptabilité, les engagements, le travail de bureau, aient une retraite. Tout est très long, mais on y arrive ! On a mis vingt ans à obtenir le bénéfice agricole, mais on y est arrivé !”
La persévérance : une qualité majeure chez Criquette. Comment du reste, faire autrement avec un métier comportant autant d’aléas. Il ne faut pas seulement de la persévérance mais aussi du courage. Criquette insiste beaucoup sur le courage, sachant que la dureté de ce métier est un important facteur de découragement.
“ C’est une matière vivante, toujours en butte à un éventuel problème. Les différents aspects aussi bien physiques que psychologiques sont à gérer au quotidien. Et le quotidien n’est jamais le même. Malgré ce que l’on en pense à l’extérieur. C’est aussi sa beauté.”
Criquette a commencé comme cavalière dès 1966. Elle a remporté un grand nombre courses en amateur, car les femmes ne montaient pas avec les jockeys à cette époque, et estime que grâce à cette expérience, elle a pu comprendre beaucoup de choses par la suite. Rien ne remplace les sensations éprouvées. C’est un plus. Quelques kilos en trop, raconte-t-elle en souriant, lui ont fait changé d’orientation. En 1974, elle devient courtière tout en débutant son apprentissage d’entraîneur aux côtés de son père Alec auquel elle succède en 1984. Puis la carrière ascensionnelle que l’on connaît avec derrière, le travail sans compter, le long des jours et des années.
“En course, dit-elle. On est bien perçu si l’on gagne. Je ne suis pas féministe, bien que je pense que les femmes sont plus sentimentales avec les chevaux. Mais je n’ai jamais eu le moindre problème avec mes collègues masculins. Pour preuve, je suis la présidente des entraîneurs de France. En tant que telle, je siège au conseil d’administration de France Galop, ce qui me prend beaucoup de temps libre. Mon activité principale restant bien sûr mes chevaux et mes propriétaires.”
Les journées de Criquette sont longues en effet. Levée à 5 heures du matin, elle entraîne ses chevaux toute la matinée, (il y en a actuellement soixante-quinze à l’entraînement), et tous les après-midi, aux courses. Reste les soirées. Quand il n’y a pas de course, Criquette fonce en Normandie s’occuper aussi de l’élevage familial.
“Avec la multiplication des réunions, rajoute Criquette, je n’ai plus beaucoup de temps pour aller en Normandie. C’est encore plus vrai avec la loi sur les trente-cinq heures. C’est évidemment incompatible et inadapté à notre profession.”
Malheureusement, les embauches ont été moins nombreuses que prévues car les charges sont trop élevées. Comme beaucoup d’écuries, celle de Criquette a dû “faire avec” à savoir, charger les plannings des garçons. Avec une trentaine d’employés, l’affaire tourne au plus juste. Criquette a beaucoup réduit l’effectif ces derniers temps. L’énorme écurie de deux cent vingt chevaux et de près d’une centaine d’employés a fait place à quelque chose de plus modeste, de plus familial, et aujourd’hui peut-être, de plus facile en gestion.
“Certains de mes propriétaires sont malheureusement décédés, et de plus, j’ai un important propriétaire qui est parti car je ne m’entendais plus avec son jockey qui était devenu ingérable pour moi. Après trente ans de collaboration, il a préféré le jockey. Ils ont éclaté leur écurie, c’est dommage, mais c’est la vie, rajoute-t-elle un peu déçue, mais soulagée d’un poids.
Pour Criquette, le plus important est d’avoir autour de soi une équipe parfaitement soudée. Personne ne peut travailler en solo dans ce métier, il faut une parfaite symbiose entre les gens, et particulièrement entre les jockeys et leur entraîneur. Dans toute course il y a des impondérables, et sans être strict, il faut de la discipline. Revenue de graves problèmes de santé dus à ses soucis, Criquette aujourd’hui resplendit.
“Mon métier est fantastique. On vit à l’air libre dans la beauté permanente. C’est une passion magnifique : dure, physique, faite de détails constants et instinctifs, mais vraiment magnifique !”

Contact : Quentin Simonet tel 02 54 94 46 58
competition6@ffe.com


Roxane Legay





1.Posté par Galway le 28/01/2011 17:44
Bonjour ! Pour moi, le combat mené par criquette pour la parité des entraineurs est tout à fait noble et juste. Cependant cela pose une contradiction: pourquoi dit on de l'équitation que c'est un sport de filles ?

2.Posté par Galway le 28/01/2011 17:44
Bonjour ! Pour moi, le combat mené par criquette pour la parité des entraineurs est tout à fait noble et juste. Cependant cela pose une contradiction: pourquoi dit on de l'équitation que c'est un sport de filles ?

3.Posté par clamadieu le 21/12/2015 19:09 (depuis mobile)
Je suis la compagne d''un ancien jockey de monsieur Alec head. Mon ami qui.est décédé ce mois de novembre ma beaucoup parlé de Alec head et sa fille criquette il a était son jockey sur chantilly. Il s''appeller Rémi peru. J''ai garde son diplôme

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