Notez

CLAIRE LEVESQUE : L’EQUILIBRE DE PIERRE

Afin d’élever ses enfants Claire Levesque a mis fin à sa carrière d’hôtesse de l’air. Elle s’est alors consacrée à la gestion du Haras Bellevent dans la Manche. Aujourd’hui, elle veille à préserver l’équilibre de sa famille placée sous les sunlights après que son époux Pierre ait remporté pour la deuxième fois consécutive le Prix d’Amérique. Entretien à Vincennes, avec une jeune femme bien de son temps, aussi bien à l’aise dans sa tête que ses baskets ou plus exactement, en la circonstance, ses cuissardes.



Une belle complicité entre Claire et Camille
Une belle complicité entre Claire et Camille
Claire afin de mieux vous connaître pouvez-vous nous raconter comment vous avez connu Pierre, alors que vous n’êtes pas une femme du sérail ?
Effectivement, mon père était médecin et moi je poursuivais mes études et ne m’intéressais nullement au cheval lorsque j’ai rencontré Pierre au sport d’hiver, en 81, par l’intermédiaire d’amis communs. Nous nous sommes mariés en 87, j’étais alors hôtesse de l’air sur longs courriers.

Vous évoluiez dans deux éléments radicalement opposés !
C’est ce qu’a dit le prêtre qui nous a mariés à Cherbourg : « L’un court, l’autre vole, comment ont-ils pu se rencontrer ? » Cela nous avait bien amusés.

Avez-vous mis fin dès lors à votre carrière ?
Non. J’ai arrêté progressivement au moment de mes maternités. Notre fille Camille est née en 88 et notre fils Thomas en 92. Nous avions alors des plannings tellement chargés l’un et l’autre qu’il a fallu faire un choix. Dans cette situation aujourd’hui encore, les femmes ont du mal à cumuler leur vie personnelle et leur vie professionnelle. J’ai donc arrêté ce que je ne regrette pas car je ne voulais pas que quelqu’un d’autre que moi fasse l’éducation de mes enfants.

Vous êtes-vous alors investie dans les chevaux ?
Non. J’adore les animaux en général mais pas les chevaux en particulier. Je ne supporterai pas qu’un cheval soit maltraité mais chez nous cela ne risque pas d’arriver, Pierre est très respectueux.

Quel est votre rôle auprès de lui ?
Je m’occupe de la gestion, un peu de la comptabilité car nous avons une comptable qui fait ça très bien. Et voilà, pour le reste je suis à ses côtés.

Comment a-t-il vécu ses deux victoires du Prix d’Amérique ?
Comme son grand-père a gagné cinq fois et lui jamais, les gens autour de lui et les médias ne trouvaient pas cela normal. Il subissait une pression énorme. Il se devait de le gagner. Aussi l’année dernière, quand il l’a gagné pour la première fois cela fut un soulagement : il avait accompli ce que l’on attendait de lui. Quand à cette année, au rugby, on dirait qu’il a transformé l’essai. C’est en somme la consécration.

Qu’est-ce que cela a changé pour Pierre et pour vous ?
Rien. Hormis la joie et la satisfaction bien sûr. Mais dans notre quotidien : rien.

Pas même un peu la grosse tête ?
Non absolument pas. Pierre n’a pas cette tendance. Et puis, pour répondre à votre question précédente sur mon rôle auprès de lui c’est peut-être à ce niveau, que se situe mon devoir d’épouse et que j’interviens le plus. Comme je vous l’ai dit, je n’appartiens pas à ce monde du cheval et des courses et je ne me suis jamais investie à 100% dedans. Excepté quelques uns, la majorité de nos amis ne sont pas non pas, non plus, liés aux courses. Cela nous donne une autre ouverture sur le monde. Si je dois m’approprier « une fonction »c’est celle là : ouvrir d’autres horizons à Pierre. Cela permet de relativiser et de garder son sang-froid. Regardez, (me dit-elle en me montrant les loges voisines) qu’est-ce que vous voyez des hommes, pratiquement que des hommes. C’est un milieu machiste. Nous, nous sommes un groupe de filles qui viennent d’un autre univers. On papote, on regarde les courses mais on a des conversations de filles, on ne se demande pas si le cheval court déferré, on parle chiffons, futilités. Parfois (ajoute-t-elle en riant) nous avons des discussions plus approfondies, on échange quelques commentaires sur le dernier bouquin que l’on vient de lire.

Quelles sont vos qualités et vos défauts ?
Je suis très entière, très honnête. Je suis très rancunière. Je n’oublie jamais quelqu’un qui m’a fait du mal.

Et Pierre ?
Il est très honnête, très respectueux. Côté professionnel, il a envie que ça se calme un peu. Il est pris dans un engrenage, un tourbillon. Il ne veut pas décevoir ses propriétaires.

Et vos enfants ?
Les deux sont très investis dans le cheval. Camille va avoir vingt ans. Elle bénéficie d’un statut d’enfant d’entraîneur qui lui donne le droit de monter en course les chevaux entraînés par son père. Jusqu’ici, elle voulait en faire son métier. Elle commence à se poser des questions, elle se rend compte à quel point se sera difficile. Quant à Thomas, il a 15 ans et est en seconde. Il ira jusqu’au bac. Car autant j’apprécie que l’un et l’autre veuillent vivre de leur passion, autant je sais qu’il faut prévoir une ouverture.


Marlène Marcos




Nouveau commentaire :
Facebook Twitter


Dans la même rubrique :









1 2 3 4 5

Actualités | TROT TOP TOUR | Les actions | Portraits de Femmes | Filière cheval | Elevage | GESCA | Paroles d'experts | Adresses utiles | Coup de cœur | Coup de pouce