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CHRISTINE LEENDERS VERS UNE NOUVELLE AVENTURE

Après avoir consacré une grande partie de sa vie de femme à l’écurie familiale, Christine Leenders se lance dans une carrière de coach en entreprise. Elle a accepté de nous raconter son parcours et de nous faire profiter de son expérience.



CHRISTINE LEENDERS  VERS UNE NOUVELLE AVENTURE
Le début de parcours de la vie de femme de Christine Leenders ressemble à celui de beaucoup d’épouses telles qu’on peut les rencontrer dans la filière cheval ou dans l’artisanat. « Bras droit » de leur mari, elles exercent une fonction à plein temps, de secrétaire, de gestionnaire d’entreprise, de commerciale, de relation publique, parfois de lad, et bien sûr d’épouse et de mère de famille. Chevilles ouvrières indispensables, œuvrant dans l’ombre, ces femmes, dont le statut était hier encore non reconnu par la société, officient ainsi, sans grade, ni promotion, mais avec beaucoup de volonté, de travail, de sacrifice, d’oubli de soi. D’autres, comme Christine Leenders, bifurquent à un moment donné et empruntent une autre voie. Fortes de leurs années d’expérience au sein de l’entreprise familiale, elles se recyclent vers une activité plus personnelle dans laquelle elles peuvent s’épanouir et dispenser leurs connaissances. Christine Leenders a choisi : le coaching. Non sans difficultés, alliant souvent ce nouvel emploi et l’ancien, y ajoutant même du bénévolat, elle est un exemple de réussite et de courage parmi toutes ces femmes. Rencontre sans fard ni artifices.


Christine, êtes-vous issue du milieu du cheval ?

Oui et non. Mes parents étaient agriculteurs en Normandie, à côté du Haras du Pin, et élevaient des chevaux de selle. J’ai quelques cousins dans le monde du trotteur. Comme beaucoup d’enfants qui vivent près des chevaux, j’ai appris à monter mais un important accident à un genou a mis fin à une future carrière de cavalière ! (ponctue-t-elle d’un éclat de rire)

Vous aviez envisagé une telle possibilité ?
Absolument pas ! Je n’y pensais même pas. En revanche, j’étais attirée par le tourisme. Enfin j’ai passé le bac, poursuivi par une école en la matière puis j’ai commencé par des petits boulots : hôtesse d’accueil sur des bateaux mouches, à la Foire de Paris… J’ai aussi exercé mes talents dans l’immobilier, etc., etc. J’avais 20 ans et … j’ai fait la connaissance d’un jeune stagiaire d’une écurie de galop: Etienne Leenders : nous nous sommes mariés, je l’ai suivi dans ses différents stages en essayant de trouver du travail là où nous allions.
En février 1981, nous avons décidé de nous installer à notre compte. Etienne est devenu entraîneur dans le Maine et Loire à Tiercé ! Ca ne s’invente pas !!! Nous avions 3 chevaux et absolument rien. Tout était à faire !…. Pendant un an, pour nourrir famille et chevaux, j’ai vendu des encyclopédies au porte à porte ! Croyez-le, c’est une expérience professionnelle terrible.
Nous avons travaillé très dur, comme beaucoup de jeunes qui s’installent et, de 3 chevaux nous sommes passés à 10 et à 80 ! Les victoires, le succès se sont enchaînés .... .

Et aujourd’hui au lieu de savourer cette réussite, vous décidez de vous orienter vers un autre métier. Pourquoi ?

Tout d’abord ce métier n’était pas mon métier mais celui d’Etienne. Je ne l’avais pas choisi rien. Je me suis investie dans cette activité pour mon mari, il comptait sur moi , nous formions une équipe. Je n’avais pas le temps de me poser de questions. Je devais répondre aux obligations, être sur tous les fronts : bureau, écurie, courses, maison, famille, enfants ….
A un moment, j’ai ressenti un: trop plein : marre de tout … fatigue ….Je ne comprenais pas le raz-le-bol que j’éprouvais : tout marchait bien et du coup j’avais le sentiment de rentrer dans une routine. Je pense que le besoin de reconnaissance, une forte envie de me prouver que j’étais capable de réaliser quelque chose pour moi, toute seule m’ont poussé à franchir le pas. Au sein d’une écurie, une femme d’entraîneur doit souvent « déplacer des montagnes », , mais aux yeux de tous : être femme d’entraîneur n’est pas un métier même si, nous sommes considérées comme conjointe collaboratrice, grâce a l’Association Cheval Passion de femmes ….

Pourquoi avez-vous choisi le coaching ?
Le hasard des rencontres. En 2002, j’ai entendu parler de ce métier pour la première fois. Renseignements pris, j’ai découvert que j’adhérais pleinement aux différentes facettes qu’il revêtait. En fait, j’ai toujours aimé mettre en valeur les qualités des gens qui méconnaissent leurs possibilités, ça m’a toujours énervé de voir les gens gâcher leur potentiel !

Avez-vous suivi une formation particulière ?
Oui. Après avoir subi des tests concluants et réalisé un travail sur soi obligatoire (on ne peut pas aider les gens si on est englué, soi même, dans ses problèmes) j’ai repris le chemin de l’école pendant un an. Je me suis inscrite au Centre de Formation de Coaching et de Mentoring à Hecken à côté de Mulhouse. Je dois reconnaître que cela n’a pas toujours été facile tant dans la démarche intellectuelle que pratique car, parallèlement aux cours, nous devions réaliser un travail personnel important et lire beaucoup. Or je ne devais pas négliger, pour autant, mon travail à l’écurie, car bien que Etienne et mes fils Grégoire et Gabriel soient sympas je ne pouvais pas compter sur leur aide !

Pouvez-vous, en quelques mots, nous expliquer en quoi consistait la formation ?

Je vais essayer. Le but de cet enseignement est de nous donner des outils, des méthodes qui vont nous nous aider dans l’approche et la « lecture » des gens. Cela tant sur le plan de la psychologie que sur des techniques de management. L’obtention d’une « Certification en coaching » conclue cette formation. Un superviseur accompagne tout nouveau coach pendant un an. Pour définir le coaching je dirais que c’est l’accompagnement d’une personne, dans ses besoins professionnels, pour le développement de son potentiel et de son savoir faire. Le coach n’essaie pas de changer son client, il l’aide à renforcer ses points forts et à atteindre ses buts. Il apporte son soutien dans les moments de crise, dans les transitions. La rencontre, le feeling, l’écoute sont primordiaux

Quels sont vos clients et vos domaines d’intervention ?
J’ai commencé en effectuant des cellules de reclassement, des entretiens d’embauche pour des chefs d’entreprise ou des préparations aux dits entretiens d’embauche.
Il existe une grande variété de clients tant sur l’aspect professionnel que personnel. Cela va du cadre au chômeur en passant par l’étudiant et le retraité. En un mot, toute personne qui se cherche ou veut changer d’orientation ou développer son potentiel peut avoir recours à un coach.
Actuellement, je m’intéresse d’avantage à l’aspect psychologique. Je m’occupe, avec un psychiatre, de groupes de psychodrame.

Selon vous, le coaching correspond-il à une mode, un style, un phénomène de société ?
Au contraire des pays Anglos Saxons ou des pays d’Europe du nord , Pays-Bas, en France, le coaching n’est pas encore passé dans les mœurs. On forme des coachs que …l’on n’utilise pas !
Certains medias ont tendance à mélanger les genres et à parler de coaching pour n’importe quoi. Le mot est devenu un « fourre-tout », mais si chacun y trouve son compte ...

Personnellement, avez-vous recours à un coach ?
Plus maintenant. Mais quand on est coach il est bon d’avoir un superviseur pour pouvoir échanger, partager nos opinions et nos avis.

Participez-vous toujours activement à la Société des courses d’Angers ?
Oui. J’ai été élu au conseil d’administration il y a trois ans et, avec mon amie Nelly de la Guillonnière nous nous occupons de la communication. Cette expérience m’a permis de découvrir l’ampleur du travail réalisé au sein des sociétés de course. Vive le bénévolat !

Comment arrivez –vous à gérer un emploi du temps aussi chargé ?
( Elle éclate de rire ) Je me le demande parfois, je pense que j’en fais un peu de trop, de plus l’organisation n’est pas ma qualité première !

En conclusion, quelle analyse, quel regard, portez-vous sur votre vie ?

( Elle marque une pose, réfléchit …) Mon mari m’a communiqué sa passion des chevaux avec son lot de joies et de déceptions. Une vie pleine de rencontres, une vie certes pas toujours facile, mais tellement intense ! On est pris dans un tourbillon qui semble ne jamais devoir s’arrêter, puis un jour … tout bascule. Un événement survient qui remet tout en question. En ce qui nous concerne, cela s’est passé en juillet 2007. Gabriel mon plus jeune fils a eu un très grave accident en course où il a failli perdre la vie. Cela m’a fait l’effet d’un électrochoc. Depuis mon approche de la vie a changé. ( Elle sourit et ajoute ) Passé aussi prêt de la pire des catastrophes, la perte d’un enfant remet les compteurs à zéro, tout reprend sa place, et ce qui vous paraissait hier important vous semble soudain dérisoire, vous comprenez alors où se situent les vraies valeurs.


Martine Della Rocca et Marlène Marcos




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